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16 juin 2009 2 16 /06 /juin /2009 13:41
Écrire un roman - et je ne parle pas de la somme de travail précédant la rédaction en elle-même - est un sacré boulot. Pour vous donner une idée, imaginez un immeuble de, disons une dizaine d'étages de 200 ou 300 mètres carrés chacuns, dont vous devriez peindre la façade et l'intérieur armé d'un pinceau du type de ceux utilisés par les modélistes. J'exagère peut-être un chouia mais l'idée demeure. Face à ce travail de titan, on a tendance à se dire "allez, si je ne peints pas mon mètre carré aujourd'hui, il m'en restera autant à faire demain". C'est tout le danger de l'écriture romanesque : elle me semble nécessiter une assiduité au travail exemplaire si on veut réussir à en voir le bout.

Pour ma part, je me suis assigné un rythme d'écriture. J'essaye, tant que faire ce peu, de pondre 30 000 signes par semaine. Ça n'est absolument pas énorme mais, si c'est fait de manière régulière, cela permet d'achever un roman en une demi-douzaine de mois. Si je prends l'exemple du roman sur lequel je travaille actuellement, j'ai eu un pique haut à 52 000 signes durant une semaine des plus agréables, et un pique bas à... zéro, durant une période où je n'ai pas pu consacrer un seul instant à l'écriture.

Alors, présenté de cette manière, on pourrait avoir l'impression que je me force, que l'écriture n'est plus un plaisir mais une corvée à laquelle il faut s'atteler coûte que coûte. C'est faux dans une certaine mesure, et vrai sous d'autres aspects. C'est étrange mais, si je prends effectivement un grand plaisir dans la rédaction en elle-même, j'ai toujours besoin de me motiver pour me lancer dans une scène. Et si je ne m'astreins pas à m'asseoir devant mes feuilles et à m'y mettre, je vais repousser ce moment jusqu'à me rendre compte que je ne dispose plus du temps nécessaire.

A ce sujet, le temps de travail est très important. Personnellement, si je n'ai pas deux heures devant moi minimum, je n'essaye même pas de me lancer. De mon expérience, il n'y a rien de plus frustrant qu'une scène interrompue en court de rédaction. Souvent, lorsqu'on écrit, les phrases qui suivent et l'organisation ultérieure de la scène se forment dans la tête de l'auteur, parallèlement à l'écriture en elle-même. S'arrêter en plein milieu est assez nuisible en terme de productivité. Il m'a donc paru nécessaire de me ménager des plages horaires de taille suffisante. A ce sujet, il existe plusieurs possibilités. La méthode communément reconnue comme la plus efficace est de se lever 2 ou 3 heures avant d'aller au boulot et d'utiliser ce laps de temps pour l'écriture. C'est celle des courageux. Personnellement, j'ai essayé plusieurs fois et échoué la moitié du temps. La solution inverse est celle de l'écrivain nocturne : travailler le soir et jusqu'au petit matin si on se sent en verve. L'énorme avantage, c'est que l'auteur n'est alors pas interrompu par des impératifs horaires. J'ai pratiqué cette manière durant plusieurs années et, l'inconvénient que j'y voie réside dans la fatigue. On a beau être éveillé le soir et après minuit, pas de soucis, le problème provient de la lassitude qui s'est accumulée tout au long de la journée et qui obscurcit fatalement l'esprit. Entre ces deux extrêmes, j'ai personnellement opté pour une dernière solution : travailler l'après-midi. Bon, il faut disposer d'horaires qui le permettent, mais, dans mon cas, cela s'est révélé assez efficace. De 13h à 16h, je réussis à me dégager trois heures d'écriture qui me permettent d'avancer confortablement dans mon travail. Après, je retourne au boulot, serein, et je peux même me permettre le luxe de m'en coller une petite le soir...

Mais au-delà de cette semaine de travail, il est aussi une chose à éviter selon moi, il s'agit des trop longues coupures dans la rédaction d'un roman. Si vous arrêtez d'écrire durant un mois pour partir en vacances ou réviser vos examens, le déficit réel en terme de temps se révélera bien plus grand. Le roman nécessite une immersion de presque tous les instants. Que ce soit dans l'écriture ou dans le processus de construction qui ne vous lâche jamais véritablement. Effectuer une coupure aussi longue a pour effet d'entamer sérieusement, voire de rompre, cet étrange fil qui relit l'auteur à son texte. En conséquence, lorsqu'on s'y replonge, on perd un temps fou à se réapproprier le texte, retrouver les personnages, le ton utilisé, le temps et le style parfois, l'organisation de l'histoire etc.

J'ai abordé cette histoire de rythme d'écriture pour ce qui concerne le roman. Je voie les choses tout à fait différemment dans le cadre d'une nouvelle. J'ai remarqué une chose : je suis toujours plus productif lorsqu'il s'agit de rédiger la fin d'un roman. Il existe plusieurs raisons à cela. Déjà, quand on approche du point final, généralement, tout est clair dans notre esprit et ça file. Ensuite, la fin comporte souvent les scènes les plus bandantes, celles qu'on a imaginées tout au début et qu'on s'est retenu d'écrire pendant des mois. Enfin, l'idée que la fin est proche représente une énorme source de motivation en soi. A ces titres, la rédaction d'une nouvelle s'apparente à une fin de roman : tout est là et la distance apparaît si courte que nulle démotivation ne vient entamer la volonté d'écrire. Il m'est régulièrement arrivé, par exemple, d'écrire des nouvelles de 30 000 signes (mon quota hebdomadaire donc) en l'espace de quelques jours.

Voilà encore un article qui n'explique pas grand chose à l'écriture romanesque en elle-même mais, à mon sens, le point abordé demeure crucial. Pour le prochain, je me rattraperai en vous préparant un truc sur la description...

Concernant l'image, il s'agit du rythme d'écriture de "L'Emprise des rêves". Alors oui, certes : ça n'est pas très intéressant, mais ça ajoute de la couleur sur cette page, et du rose en plus (celui de la pochette enfermant le manuscrit).

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Published by Simon Sanahujas - dans (mes) techniques d'écriture
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commentaires

gdb 29/09/2010 16:27


Alors bon courage. Et félicitations pour la finalisation du roman ; Le jour ou j'en serais là...
Encore merci pour tout le reste.


Sanahu 29/09/2010 15:39


Eh bien il ne faut pas hésiter à me suggérer des idées de sujet :-).
Ceci dit, comme cela peut se voir à la fréquence des derniers articles de mon blog, je suis en plein rush en ce moment (finalisation d'un roman, préparation d'une publication prochaine et promotion
autour du Tarzan plus d'autres choses évidemment). Bref, ça ne sera probablement pas pour tout de suite...


Gdb 29/09/2010 15:08


Bonjour. Et merci.

"Le choix du temps de narration" sera votre prochain sujet. J'ai dit. Et en plus cela sera intéressant... alors pourquoi se priver ?

Non ?


;)


Nrd 03/09/2009 11:26

Merci ^_^

Sanahu 02/09/2009 16:50

Pas du tout, au contraire !
J'espère que tu trouveras ici de quoi te donner des idées pour ta manière d'aborder l'écriture.