Comme je le disais dans mon dernier billet, j'ai décroché en 2011 une aide à la création littéraire émanant d'un organisme culturel régional, laquelle m'a permis de prendre une disposition vis-à-vis de mon boulot officiel. Il ne s'agit que de quelques mois, mais ô combien précieux à mes yeux car, non content de m'autoriser à achever plusieurs gros travaux très urgents, ils vont me permettre de tester la vie à laquelle je rêve plus ou moins secrètement, à savoir consacrer l'intégralité de mon temps à l'écriture. La raison de cet article est donc de vous faire partager mes premières impressions à ce sujet.
Eh bien c'est cool !
Sérieusement... En décembre, alors que je bouclais les derniers dossiers au boulot et songeait à la période qui s'annonçait, je redoutais une chose : ne pas profiter au maximum de cette chance. Je me connais, je sais que je suis parfaitement capable de passer une journée à bouquiner, une autre à regarder une saison entière de série TV etc. D'autre part, je me demandais ce qu'il en serait - excusez ce terme un peu grossier - de ma productivité. Car c'est une chose d'écrire 25 heures par semaine en prenant sur son temps libres (avec tous les aspects décompression et divertissement que cela peut revêtir), mais allais-je être capable de ne faire qu'écrire, tout le temps, avec la tentation omniprésente lorsqu'on travaille chez soi de, tout simplement, faire autre chose ? Allais-je trouver l'inspiration nécessaire pour passer de trois ou quatre heures d'écriture journalière à 7 ou 8 voire 10 ou 12 ?
Eh bien la réponse, dont je suis le premier surpris, est oui.
Après une dizaine de jours de test, je me rends compte que je n'ai jamais autant travaillé. Non seulement je bosse toute la journée mais il m'arrive régulièrement de remettre ça le soir alors que, par le passé, les fins de journée me trouvaient lessivé et rêvant à une bonne bière. J'ai trouvé plusieurs raisons à cela. Tout d'abord, lorsque je travaillais sur mon temps libre, je n'étais pas complètement serein. Outre l'urgence de profiter de chaque moment pour avancer dans mes travaux d'écriture, j'échouais à m'ôter complètement mon autre travail du crâne. D'autre part, je crois que l'humain n'est pas fait pour se consacrer à une tâche sur une période donnée. Non, il s'agit d'une généralité que je ne peux prouver, disons plutôt que je ne suis pas fait pour ça. Je m'explique : lorsque je travaillais sur mon temps libre, je ne m'autorisais aucune pause. Si ma période d'écriture s'étendait de 13h à 16h avant la reprise du taf, il FALLAIT que j'écrive pendant chacune des minutes de ce temps imparti. D'ailleurs, je pense que c'était également vrai pour mon autre taf mais bon, ça on s'en fout pas mal... Alors qu'aujourd'hui, disposant de mes journées entières et choisissant sereinement mon emploi du temps, je ne me force plus. Si je bloque sur une scène, une recherche ou n'importe quoi d'autre, je m'arrête tout simplement. Je vais faire la vaisselle ou je prends un bouquin, je reviens un quart d'heure après et le problème se résout de lui-même ; et je repars à fond. La sensation de simplicité ignorée qui ressort de cela est très étrange mais vraiment agréable.
N'oublions pas le point peut-être le plus important de cette mécanique : désormais, je consacre tout mon temps à ma passion. C'est quand même autre chose.
Concrètement, je bosse sans me forcer entre 10 et 12 heures par jour et j'y prends un plaisir inénarrable. Quant au niveau de la vitesse de progression de mes projets, c'est tout simplement épatant...
Seule ombre au tableau : ça ne va pas durer et la reprise de mon ancienne vie risque de s'avérer terriblement rude. Car oui : actuellement je joue à l'écrivain pro, mais dans les faits je ne le suis pas... Cela dit, on peut toujours rêver à quelques contrats d'exception me tombant dessus dans les mois qui viennent, et qui repousseraient de quelques mois la terrible échéance. Sait-on jamais...
A part ça, pour faire dans la vraie news, je ne crois pas vous avoir dit
que la réédition de "Suleyman" était désormais
disponible en e-book. C'est par ici (entre
autres) que ça se passe.
Une dernière chose avant d'y retourner : maintenant que je passe ma vie chez moi, je découvre le temps que consacre mon chat à dormir, c'est effarant...





"Suleyman"



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