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15 octobre 2009 4 15 /10 /octobre /2009 11:35

Comme je suis en plein dans l'écriture du Tarzan - le récit de notre voyage, à Gwenn et moi, au Gabon - je me suis dit qu'il pouvait être intéressant d'évoquer ici cette facette  de l'écriture. Si le récit de voyage apparaît bien différent de la rédaction d'un roman, certains points le rejoignent et d'autres s'en écartent. Prenons tout ça dans l'ordre :

1). Préparatifs à l'écriture

Bien entendu, le récit de voyage commence... par un voyage. De fait, les divers étapes de préparation avant la rédaction du texte en deviennent fort différentes. Tout bêtement : il s'agit cette fois de raconter quelque chose que l'on a vécu, quelque chose donc qui revêt une simplicité redoutable tout en laissant peu de place à l'imagination. En conséquence, la prise de note et l'organisation du récit a lieu sur le terrain.
Quand nous sommes partis au Texas, pour le voyage qui allait donner lieu à "Conan le Texan", j'avais emporté avec moi un carnet tout simple (tout simple mais joli, avec une belle couverture en cuir pour se mettre dans l'ambiance). Chaque soir au début puis un peu moins régulièrement à la fin alors que nos journées se trouvaient de plus en plus arrosées, j'entreprenais de rédiger ce que j'imaginais être la version presque finale du texte. A l'époque, je pensais qu'il me suffirait d'y apporter quelques corrections pour que le tour soit joué. Mon désenchantement fut grand lorsque, de retour dans mes pénates, j'entrepris de retaper ce texte sur l'ordinateur. Je me suis rendu compte que l'urgence de l'écriture pendant le voyage (avec des plages de temps restreintes), l'ambiance euphorisante du trip, l'alcool ingéré et les lieux d'écriture (essayer d'écrire dans une tente lorsqu'il fait peu ou prou zéro degrés avec une lampe frontale pour toute lumière...) m'avaient amené à pondre quelque chose de très moyen pour ne pas dire bâclé. Du coup, j'ai finalement réécrit complètement mon texte, en me basant sur ce carnet pour l'enchaînement des événements et certaines ambiances plus fraîches qu'en me basant sur mes simples souvenirs.

En conséquance, lorsque nous sommes partis au Gabon sur la piste de Tarzan, j'ai décidé de changer de technique. J'ai repris le même carnet mais je me suis contenté de n'y consigner que les dates avec une liste des événements correspondants, leur intérêt et les sensations éprouvées. Tant qu'à tout réécrire par la suite, autant ne pas perdre de temps sur place.
En même temps, c'était différent au Gabon puisque je devais rédiger sur place les textes du blog fourni par Libération. Ceux-ci sont volontairement plus courts, dans un style plus argotique, afin de me laisser des cartouches pour la rédaction future du livre.

Il ya probablement encore d'autres façons de faire mais, en l'état actuel des choses, si vous vous lancez dans ce genre d'aventure, je vous conseillerai plus tôt la seconde.

2). Choix narratifs

La narration à la première personne et l'utilisation du présent peuvent sembler évidents dans le cadre d'un récit de voyage, mais il n'en demeure pas moins intéressant de réfléchir brièvement sur la raison de ces choix.
De mon point de vue, le but d'un récit de voyage est de plonger le lecteur dans notre expérience, de tenter de lui faire vivre l'aventure qui a été la nôtre comme s'il se trouvait à notre place. La narration à la première personne s'impose donc et un récit de voyage est un très bon exemple de l'effet que peu donner son utilisation dans un roman classique. Quant au choix du temps, il ne s'impose pas aussi clairement. on peut tout à fait écrire un récit de voyage au passé, comme un aventurier qui raconterait au coin du feu un périple antérieur. Personnellement, je l'ai choisie toujours dans cette optique de faire ressentir au lecteur l'aventure comme s'il y était. L'utilisation du présent permet de communiquer un sentiment artificiel d'instantané. Elle renforce l'impression d'immersion du lecteur, l'impression de vivre les événements qu'il lit, amenant des questionnements du genre "mais que va-t-il se passer demain ?", comme s'il y était. Il est évident que, si on tient un livre fini entre nos mains, c'est que l'auteur a survécu pour le raconter, mais il n'empêche que l'utilisation du passé renforce cette évidence alors que celle du présent va contribuer à cette sorte de mirage narratif. Tout bêtement, le lecteur peut envisager l'hypothèse que le texte soit un carnet de bord retrouvé, dont la fin n'est pas connue, comme pour "Into the Wild" par exemple.
C'est dans un but similaire que j'ai opté pour une narration constituée de phrases courtes et évitant de s'attarder sur de trop longues plages descriptives (outre l'ambiance, les photos sont là pour cela...). Utiliser des phrases courtes permets d'accélérer le récit et m'a été utile pour tenter de transcrire le côté échevelé du périple texan, un voyage sans temps morts, où les rencontres, découvertes et changements de lieux s'effectuaient de manière journalière.

3). Choix structurel

De ma courte expérience, je vois deux façons d'organiser un récit de voyage. La première consiste àle raconter au jour le jour, comme je l'ai fait pour "Conan le Texan" ou pour le blog au Gabon. Ca paraît évident et cela confère l'avantage d'une histoire avec un début et une fin. Pour le voyage au Texas, cela a plutôt bien fonctionné à cause de la vélocité du périple : on bougeait tous les jours, parcourant parfois jusqu'à 800km en une journée, les événements et les rencontres s'enchaînaient à une vitesse diabolique, donnant au final un récit où on n'a presque pas eu l'occasion de reprendre notre souffle. Pour le Gabon, l'expérience a été inverse. Par la lenteur des transports (on a parcouru deux fois moins de distance en deux fois plus de temps), on s'est retrouvé avec de longs passages d'attente, des immobilisations récurrentes et, au final, des temps morts dans le récit. C'est pourquoi j'ai eu l'idée de segmenter ce texte en parties thématiques n'ayant pas ou peu de logique temporelle entre elles. Cela me permet de me concentrer sur les événements forts tout en omettant les moments où l'action retombe. Avec l'accumulation des détails et des références, je pense que le lecteur doit être rapidement capable de reconstituer l'ordre du voyage, en tous cas je l'espère...

4). L'écriture

Si lire un récit de voyage est quelque chose d'assez palpitant (j'ai adoré la trilogie autobiographique de Cizia Zyke par exemple, ou encore les romans de Kerouac), l'écrire est une corvée, pour moi en tous cas.
Explications. Lorsqu'on rédige un roman, l'histoire prend forme sous nos yeux. on se situe dans la création pure et, personnellement, je ne sais jamais précisément quelles vont être les inclinaisons futures de l'histoire à l'exception de son dénouement. A contrario, dans le cadre d'un récit de voyage, on ne fait que relater des événements ayant déjà eu lieu, dont on connaît tous les tenants et aboutissants. Du coup, la création disparaît au profit de la narration d'une période déjà écrite de notre vie. Et c'est super chiant.

Voilà brièvement ce que je peux dire de cet exercice à l'heure actuelle. Peut-être changerai-je d'avis lors de prochains voyages car Gwenn et moi n'avons pas encore dit notre dernier mot. Quoi qu'il en soit, si l'aventure vous tente et que vous vouliez franchir le pas en alliant l'écriture au voyage, vous trouverez peut-être là-dedans quelques pistes pour vous aider à concrétiser la chose.

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Published by Simon Sanahujas - dans (mes) techniques d'écriture
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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 17:30

Comme vous l'avez constaté, la fin de l'été s'accompagne d'une baisse de régime certaine. J'avais déjà du mal à me sortir la tête du Gabon, et maintenant ce sont les vendanges qui me foutent leur habituel blues... En outre, la rédaction du livre tiré de notre voyage sur la piste de Tarzan est des plus urgentes, avec une deadline vraiment courte, et je m'y consacre pleinement.

Du coup, malgré tout l'intérêt que vous semblez porter aux quelques articles concernant les diverses techniques d'écriture (80% des visites de ce blog s'y destinent), je n'aurai pas tout de suite le temps de m'y consacrer à nouveau. Ceci dit, comme les idées sont là, il se peut qu'un texte de ce genre surgisse sans prévenir, on ne sait jamais...

A côté de ça, plusieurs bonnes nouvelles me sont tombées dessus alors que je m'extirpais péniblement de ma retraite alcoolisée et coupée du monde des vendanges champenoises. La première est la nomination au GPI - le Grand Prix de l'Imaginaire - dans la catégorie "essai", des "Nombreuses vies de Conan". Encore mieux, parmi les trois nominés se trouve également l'ouvrage de mon pote Fabrice Tortey : "Echos de Cimmérie" dans lequel j'ai écrit un petit article ainsi que la biblio. Du coup, on a deux chances sur trois d'avoir une bonne raison de fêter ça. Au-delà du prix en lui-même, c'est déjà génial de se retrouver parmi les nominés et d'y voir pas moins de deux ouvrages consacrés à l'oeuvre de Robert E. Howard. Après une décennie de néant howardien, ça fait du bien, et, de mon point de vue, c'est déjà une excellente récompense !

Et puis cette belle chronique de "Conan le Texan" sur la Yozone. C'est enthousiaste, joliment écrit bref... touchant. Je crois que je n'ai jamais eu si bonne chronique...

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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 10:30

Me voilà de retour d'Afrique et, avouons-le, la réacclimation se révèle plutôt rude !

Côté news, le blog consacré à notre périple sur les traces de Tarzan va perdurer encore un moment, à priori jusqu'à la fin septembre. Nous avons préparé à peu près un article par jour de voyage et, comme ceux-ci ont été publiés au rythme de un tous les deux jours, c'est encore loin d'être fini. L'aventure se poursuit donc chez Libé.

Et puis, grâce à la visibilité de Libération, on se retrouve avec tout un tas de petites répercussions annexes fort plaisantes. Cet article sur le site des Inrockuptibles par exemple. Ou encore l'émission de France Inter - Allo la terre - à laquelle je participerai rapidement lundi 7 septembre. L'émission sera diffusée de 23h à 1h du matin et mon intervention devrait se produire durant la première heure.

Côté blog, je ne reprendrai pas tout de suite la publication des articles liés à l'écriture. J'en ai biensûr envie et les idées de sujets ne manquent pas, mais ce retour s'accompagne de pas mal de boulot, outre le rendez-vous annuel des vendanges champenoises que je ne manquerai pour rien au monde et qui se profile à l'horizon.

Mais promis : je reprends tout ça sérieusement au plus vite !

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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 14:46



En compagnie de mon vieux pote Gwenn, nous partons au Gabon, sur les traces du Tarzan d'Edgar Rice Burroughs. Ce voyage suit la même optique que celui au Texas où nous recherchions Conan, et il s'en suivra un ouvrage illustré comme ce fut le cas pour "Conan le Texan".

En conséquence, je ne m'occuperai pas de ce blog avant septembre. Mais en attendant, vous pouvez suivre notre escapade au jour par jour sur un autre blog (oui je sais : il y a quelques mois je savais à peine en quoi consistait un blog et maintenant j'en ai deux...), hébergé celui-là par nos amis de Libérations.

Tout est là.

Bon mois d'août !
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22 juillet 2009 3 22 /07 /juillet /2009 00:00

Parmi les choses fondamentales qui nécessitent d'être déterminées avant de commencer la rédaction d'un texte se trouve le point de vue. Il y a aussi le choix du temps de narration mais ça, j'en parlerai un autre jour. Pour faire simple, le point de vue établit le positionnement du narrateur, ce qu'il sait et donc ce qu'il peut communiquer au lecteur.
Il en existe plusieurs types mais cette fois, contrairement aux descriptions, je ne vous parlerai pas de celui que je préfère ni même de celui qui pourrait être meilleur. Le choix du point de vue va servir la narration et doit s'adapter au mieux au texte. Ainsi, il n'y a pas de meilleur point de vue de manière générale, seulement un point de vue plus judicieux en fonction du texte et de son idée directrice.

1. ) La narration à la première personne.

Le narrateur est le personnage principal du récit. Les conséquences directes sont :

=> La narration à la première personne, le "je" donc.
=> La possibilité de transcrire les pensées et les états d'âme du personnage principal.
=> L'impossibilité de communiquer les pensées des autres personnages, au-delà de ce que le personnage peut déduire de leurs expressions ou de sa propre connaissances de ces personnages.
=> L'impossibilité de montrer les actions des personnages secondaires en l'absence du "héros".

L'intérêt de ce type de point de vue va concerner des histoires où le personnage principal se trouve au coeur du récit. Son utilisation pourra se révéler judicieuse si l'auteur désire montrer au plus près son évolution psychologique en fonction des événements etc...
Le défaut, c'est que toute l'action du roman doit se dérouler autour de ce personnage principal. Comme c'est lui qui raconte l'histoire, le lecteur ne saura rien d'autres des événements annexes, il ne fera que suivre ses pas. Impossibilité donc de montrer les sombres plans ourdis par les méchants lors d'un petit interlude, ni les évolutions annexes de l'histoire.
Ceci étant, la narration à la première personne demeure extrêmement répandue, notamment en mainstream et en polar (quoi de mieux que de se glisser dans la peau d'un enquêteur, ne sachant que ce qu'il sait etc. ?). C'est également celui que l'on conseille souvent aux auteurs débutants. En effet : l'auteur n'a pas a gérer d'histoire complexe : il se concentre sur ce qui se produit autour du "héros". Enfin, en se mettant à la place du personnage, la narration devient très instinctive et beaucoup plus facile à réaliser.
En même temps, il ne s'agit pas d'une règle pour l'auteur débutant. Personnellement, j'ai commencé avec des autres points de vue et puis je suis revenu à celui-là pour des textes plus particuliers, qui nécessitaient ce point de vue pour servir le punch de l'histoire.

2. ) Le narrateur omniscient.

Dans ce cas, l'auteur sait tout. Il observe le déroulement de l'histoire en en connaissant chaque tenant et chaque aboutissant, et jusqu'à la moindre pensée du plus secondaire des personnages.  Du coup :

=> Emploi (presque) constant de la troisième personne.
=> Possibilité de suivre des actions situées dans des lieux différents avec des protagonistes différents.
=> Choix d'informer le lecteur ou pas des pensées de tous ou de certains des personnages.

L'utilisation du narrateur omniscient va proposer souvent des récits un peu moins intimistes, de par la vision globale qu'il donnera de l'histoire.  Il sera le point de vue à privilégier si vous voulez vous lancer dans une vaste fresque où différents personnages suivent des voies séparées et se croisent au fil du texte. Notez enfin que, si le narrateur omniscient connaît à priori tous les détails possibles de vos personnages et de votre intrigue, il n'est pas obligé de les communiquer au lecteur dans leur totalité. Les agissements des méchants peuvent rester dans l'ombre ou pas, les choix qui s'offrent avec ce point de vue sont multiples et variés. En conséquence, il faudra encore déterminer avant le début de la rédaction quelle utilisation vous ferez des possibilités de ce type de point de vue.

3. ) Le point de vue du personnage.

Je ne suis plus sûr de la dénomination exacte de ce troisième type de narration mais bon, là n'est pas l'important. Ce que j'appelle le point de vue du personnage est une sorte de version hybride des deux premiers. La narration se fait à la troisième personne, octroyant ainsi une certaine vue d'ensemble, mais le récit s'attache à un personnage central et la narration ne délivre des informations personnels qu'à son propos. Pour résumer :

=> Emploi constant de la troisième personne.
=> L'action se borne à suivre le "héros".
=> Le lecteur ne connaîtra que les pensées du personnage principal.

Idéal à mon sens pour ces bons gros récits d'Heroic-Fantasy dans lesquels on retrouve souvent un personnage central luttant contre (presque) le reste du monde. Par contre, on ne bénéficie ni de l'intimité générée par la narration à la première personne, ni de la liberté de narration du narrateur omniscient. En contrepartie, on pourra y gagner en fluidité de description en ayant la possibilité de temps à autre de se décentrer quelque peu du héros.
Pour prendre un exemple basique - une scène de combat - la narration à la première personne oblige l'écrivain à une description par les yeux du "héros" alors que ce dernier procédé permettra de s'en éloigner quelque peu pour délivrer des détails d'ensemble. Par exemple, si le personnage se bat dans une auberge et que la garde pénètre dans la pièce, il faudra que le personnage voie les gardes pour que le lecteur en soit averti. Alors qu'avec le point de vue du personnage, le narrateur peut annoncer l'arrivée des gardes tout en précisant que le "héros" ne les a pas encore vus. Ainsi, la tension pourra être élevée grâce à ce danger dont le lecteur est conscient mais pas le personnage.

4. ) Soyons fous, mélangeons les points de vue !

Évidemment, tout ça peut être mélangé si c'est bien fait. Mais il s'agit d'une entreprise hasardeuse qui nécessite un soin particulier. Le procédé le plus simple, et très à la mode en ce moment, est d'insérer des passages épistolaires dans le corps d'un texte. Cela permet par exemple de passer d'une narration omnisciente voire du point de vue du personnage à de brefs passages de narration à la première personne.
A peu près tout est possible, mais il faut être capable de gérer ces assemblages pour qu'ils ne perturbent pas le lecteur ou pire, qu'ils ne l'égarent irrémédiablement...

Enfin, en guise de conclusion, sachez que ce choix est l'un des plus importants de la préparation à l'écriture, certainement plus crucial encore que le choix du temps de narration. En effet, si vous partez à l'aventure sans avoir déterminer cela, et que votre narration se révèle chaotique (un coup on sait ce qu'un tel pense, plus de nouvelles ensuite ; on s'attache à un personnage tout du long du texte puis interviennent subitement des passages avec un autre etc...), cela aura pour effet de déboussoler le lecteur et de décrédibiliser l'ensemble... Be carefull !

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9 juillet 2009 4 09 /07 /juillet /2009 17:32

Au cas où le titre s'avérerait trompeur, je précise que je ne vais pas expliquer ici comment trouver des idées. Je ne pense pas qu'il puisse exister de véritable technique pour faire surgir une idée de roman du néant. En tous cas, je ne fonctionne personnellement pas comme ça. Les idées viennent au hasard de l'inspiration, que celle-ci provienne d'une discussion, d'un lieu visité, d'une lecture etc. Après, je vais être capable de travailler d'une certaine manière pour trouver les liens qui vont permettre de développer l'idée de base et lier les idées entre elles, mais il s'agit juste d'un moment particulier de réflexion.

Ceci dit, en écrivant ces lignes, me revient en tête l'histoire du poisson rouge de Fredric Brown. Dans un livre sur l'art de l'écriture policière ( "Polar mode d'emploi", une succession d'articles rédigés par des écrivains anglo-saxons sur différentes facettes de l'écriture), Brown avait abordé le chapitre des idées de manière assez amusante. Il proposait de choisir un objet/être et d'en faire le coeur de son histoire, aussi étrange puisse-t-il sembler à la base. Dans son exemple, il avait choisi un poisson rouge. Comme il s'agissait de polar, les possibilités en relation avec cet animal se résumait à deux points  : vol ou meurtre. Fredric Brown part donc de son poisson rouge et, en se posant la question du "pourquoi ?" en arrive à tisser une intrigue assez délirante à base de vol ou de meurtre de poisson, je ne me rappelle plus exactement. Au final, si cela s'avère possible avec le polar, cela me semble un peu limité pour un  roman de fantasy ou de science-fiction, mais qui sait ?

Donc, en mettant de côté leur origine, il nous reste les idées. Lorsque j'aborde un roman, je constitue en premier lieu un dossier d'idées. J'aborde ce point même avant de camper mes personnages. Tout bêtement, je note sur une feuille toutes les idées qui me sont venues et qui m'ont poussé à me lancer dans ce texte. Je les note et je les numérote, détail très important en regard de ma façon de fonctionner. Généralement, je commence donc par noter les idées de base, une vingtaine ou une trentaine souvent. Ces idées vont du petit détail mineur au squelette de l'histoire. Par exemple, je note indifféremment une idée de personnage, d'intrigue, une phrase qui m'intéresse, une répartie de dialogue, une ambiance, les particularités géographiques d'un lieu etc.

Ensuite, en relisant toutes ces idées, je commence à réfléchir au moyen de les lier entre elles. Par exemple, si j'ai choisi de mettre en scène un binome de personnages, je vais chercher à comprendre comment ils se sont rencontrés, pourquoi ils ont choisi d'évoluer ensemble, quel rapport existe entre eux etc. Si j'ai noté une idée relative à un conflit armé, je vais cogiter pour comprendre les intérêts de chacune des parties, pourquoi ils se lancent dans cette guerre et ce qu'ils espèrent en retirer. Ainsi, je découvrirai peut-être des éléments en rapport avec les personnalités dirigeantes qui vont amener à des sous-intrigues. Si le déroulement du roman s'articule autour, mettons, de la découverte d'un objet/d'une information/d'un événement, lequel amène à la rencontre de différents personnages/forces/groupes puis à un conflit armé, je vais réfléchir à tout ça et aux scènes qui vont relier ces trois grands événements, apporter les informations nécessaires à la compréhension etc.

En suivant cette démarche, je vais trouver d'autres idées que je noterai à la suite des premières tout en continuant leur numérotation. Et lorsque je commencerai la rédaction du roman, forcément, d'autres idées me viendront que j'ajouterai de la même manière.

Après, il faut voir à utiliser ces idées sans s'y perdre, sans en oublier etc... Pour ça, je fonctionne de manière simpliste. Avant la rédaction d'une scène ou d'un chapitre, je relis l'intégralité de mes idées et je note les numéros de celles qui vont me servir. Dans mon dossier idée, je les entoure. Lorsque la scène est écrite, je recommence la manoeuvre tout en rayant cette fois les idées de la scène précédente si je les ai effectivement utilisées. J'agis ainsi car il m'arrive souvent, en écrivant, de me rendre compte que je ne peux pas caser telle ou telle idée sans perturber la logique narrative. Dans ce cas je la laisse de côté pour l'inclure plus tard.

A titre d'exemple, j'avais noté 65 idées pour "Suleyman", 311 pour "L'emprise des rêves" et j'en suis à plus de 400 pour mon actuel roman. Suleyman étant ma première tentative romanesque, je l'ai abordé n'importe comment. Au niveau des idées, je me suis contenté de noter les principales, ce qui s'est révélé une énorme erreur par la suite. Je me rappelle être retourné en arrière un nombre incalculable de fois parce que j'étais incapable de dire avec certitude si je n'avais pas déjà abordé tel point ou délivré telle information dans une scène précédente. Conséquence de tout cela, j'ai mis un an et demi à écrire ce livre alors qu'actuellement, je vais travailler à peu près six mois sur un texte de cette envergure, sans compter les relectures.

Pour clore ce chapitre, voici une technique que j'ai abandonnée, peut-être fonctionnera-t-elle avec vous ? Il m'est arrivé une fois de séparer les idées en plusieurs sous-dossiers, l'un consacré aux idées relatives aux personnages, un autre à l'intrigue et au déroulement de l'histoire et un troisième pour le reste. Du coup j'avais adopté un système de numérotation à base de lettres et de chiffres, un joyeux bordel. J'ai abandonné ce système car, en écrivant, je n'arrêtais pas de chercher mes idées, de me demander dans quelle partie je les avait classées etc... C'est peut-être intéressant mais, avec moi, ça n'a pas fonctionné...

 

Conclusion : les idées, c'est bien, mais il faut savoir les organiser et les presser pour en tirer tout le potentiel.


Et puis pour illustrer tout ça, un scan du dossier idées tiré de "L'emprise des rêves".

 

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5 juillet 2009 7 05 /07 /juillet /2009 15:54
Ça n'arrête pas en ce moment autour du livre texte/photos issu de notre périple au Texas : "Conan le Texan".

Aujourd'hui, il s'agit d'une interview vidéo de Gwenn Dubourthoumieu et moi réalisée lors des Imaginales par la sympathique bande d'ActuSF.

Je n'ai qu'un regret, c'est que toutes ces gentilles choses ne soient pas survenues au moment de la sortie du bouquin. Mais je ne vais quand même pas me plaindre, ça fait plaisir de voir resurgir ce projet qui nous tenait à coeur et nous a profondément enthousiasmés durant sa réalisation.




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4 juillet 2009 6 04 /07 /juillet /2009 09:00
Lors du festival d'Epinal, j'ai eu l'occasion de rencontrer Frédérique Roussel, qui s'occupe de littérature pour Libération. Elle s'était montrée très intéressée par le concept de "Conan le Texan" et de sa suite africaine sur Tarzan. Du coup, elle m'a enregistré tandis que je lisais quelques extraits du bouquin.

Le résultat est en ligne sur le site de Libération, et donc écoutable en cliquant ici (ou sur l'image, je m'amuse comme je peu).

Et comme ils sont vraiment sympas chez Libé, il y aura autre chose d'ici peu, je vous tiendrai au courant.

Ah et puis un truc qui me fait rire en ce moment, ce sont les délires imaginaires de la "Ligue Deu". Les quelques derniers articles de leur blog valent le détour... Enjoy !
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1 juillet 2009 3 01 /07 /juillet /2009 13:50

Une info qui intéressera peut-être ceux d'entre vous qui trouvent un intérêt à mes conseils d'écriture.

Il y a quelques années de cela, j'ai écrit un article consacré au "sens du récit" dans l'oeuvre de Robert E. Howard. Par sens du récit, j'entends la manière dont avait Howard de construire ses histoires, d'y planter décors et personnages, et de les mener... tambour battant évidemment.

Il s'agit donc d'un gros article qui se penche sur ce talent de conteur si particulier à Howard (un auteur dont le souffle littéraire relève à mon sens du génie) en prenant pour exemple la nouvelle "The Night of the Wolf"et en décortiquant ce texte de A à Z pour expliciter comment Howard l'a structuré.

Cette étude se trouve au sommaire des "Echos de Cimmérie", un gros volume en hommage à Robert E. Howard qui aurait du sortir pour le centenaire de sa naissance, il y a trois ans, si tout le monde avait rendu sa copie à temps (En fait, si je me souviens bien, la première deadline avait été arrêtée au 30 juin 2006 et je crois être le seul à l'avoir tenue. Respectez vos deadlines, c'est important !). Enfin bref, ce bouquin (qui contient outre mon truc une grosse bio, une grosse biblio et tout un tas d'articles thématiques) vient enfin de sortir. Si vous êtes intéressés, toutes les infos pour le commander se trouvent ici.

Au fait, j'ai hésité à placer cet article dans les news mais il m'a semblé complémentaire à cette petite série d'articles initiée ici même...

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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 10:55

Petit retour sur l'argent issu de la vente d'un livre. Il y a un ou deux mois, alors que je participais à une formation sur les droits d'auteur, je me suis fait tiré dessus à boulets rouges par une bibliothécaire ex-libraire alors que j'essayais de lui expliquer que "non, désolé, l'éditeur ne touche pas plus de 50% des recettes issues de la vente d'un bouquin". Du coup, il m'a semblé utile de rappeler rapidement comment tout ça fonctionne.

Reprenons tout ça par étape :

1). Lorsque le libraire vend un livre, il prend une commission qui varie de 30 à 40% pour les plus gourmands. Mettons 35% pour l'exemple.

2). Le distributeur (l'organisme qui stock les livres et les achemine chez les libraires qui les ont commandé) touche à peu près 15% sur la transaction.

3). Le diffuseur (la société qui va démarcher les libraires, essayer de les convaincre de prendre tel ou tel bouquin de son catalogue, et transmet ses commandes au distributeur) va prendre également 15%, à peu de chose prêt.

 

Fin de la première étape : l'argent arrive désormais à l'éditeur (avec tout le retard nécessaire, normal). A ce moment, 65% du prix de vente est déjà parti en fumée. Pour autant, il ne faut pas croire que l'éditeur effectue un bénéfice net de 35%, ça serait trop beau. Poursuivons donc :

 

4). L'éditeur paye l'auteur une somme qui avoisine généralement 7% du prix de vente. Nous sommes ici en présence du plus petit pourcentage, ce qui m'a toujours sidéré puisque l'auteur est certainement celui qui fournit le plus de travail dans le processus de création du livre. Si je prends mon exemple, un roman m'occupe entre six mois et un an, plus les relectures ultérieures et le travail avec l'éditeur. Tout ça pour vingt à vingt-cinq heures hebdomadaires, en moyenne. Les écrivains sont-ils fous ? Oui... enfin non, ce sont des passionnés voyons.

 

5).Enfin, l'éditeur, à ce stade, a déjà payé depuis longtemps l'imprimeur. Ici, un pourcentage ne veut pas dire grand chose puisque : a) l'éditeur paye l'intégralité du tirage par avance (et n'en vendra peut-être qu'un tiers, voire même un quart pour les vautrages les plus épiques), b) le coût d'impression dépend de l'importance du tirage (le prix d'impression pour un livre sera beaucoup moins cher s'il est tiré à 100 000 exemplaires que s'il est tiré à 500). Dans la plupart des calculs que j'ai vu, le prix d'impression est estimé à environ 15% du prix de vente.

Résultat des courses, l'éditeur se fait une marge de 13% à peu près sur ses ventes en librairie. C'est un peu moins que 50%, tout de même.

Maintenant, évaluer le secteur le plus fructueux à l'aune de ces pourcentages ne rime pas à grand chose. Cela serait judicieux si tous les livres du tirage étaient vendus. Comme c'est rarement le cas, le seul qui touche l'intégralité sur une impression, c'est l'imprimeur. Conséquence : j'écris pour faire vivre les imprimeurs. Diffuseurs, distributeurs et libraires touchant leur part sur les ventes pures, ils auront intérêt à vendre des best-sellers mais, au final, si le bouquin se vautre, ça n'est pas si grave, ils ne perdent rien dans l'histoire. Quant à l'éditeur, qui a investi l'intégralité du tirage, bonjour les nuits blanches et les ulcères.

Enfin, maintenant que l'on sait tout ça, nous nous retrouvons à disposer d'un pouvoir conséquent, qui est celui de choisir à qui va profiter notre argent. Voici les options :

1). Commander sur Amazon.
C'est génial : on ne sort pas de chez soi et le bouquin arrive le lendemain ou le surlendemain dans la boîte aux lettres. Mais franchement les gars, Amazon n'a pas besoin de vous pour survivre et il existe une technique tout aussi rapide et peu fatiguante dont je vous parlerai dans le troisième point.

2). La fidélité au libraire.
A côté de chez moi, il y a un petit libraire d'imaginaire qui galère comme un fou pour boucler ses fin de mois (Au comptoir des rêves). Dès que je peu, je lui commande des bouquins, même des trucs hors genre d'ailleurs. Il fait de super cafés et prodigue de bons conseils de lecture, donc je fais ce que je peux pour l'aider à survivre. Je ne peux que vous engager à faire de même si vous disposez de ce genre de libraire dans votre ville.

3). Subventionner l'éditeur.
Tous les éditeurs que je connais proposent des commandes en ligne de leurs ouvrages sur leurs sites. Si vous commandez  un bouquin par ce biais, c'est le jackpot pour lui. Imaginez : il contourne ainsi le libraire, le diffuseur et le distributeur, faisant passer sa marge de 13% à 78%. Grossomodo, une vente par correspondance lui rapporte autant que 5 ventes en librairie... Et même, certains éditeurs comme Rivière Blanche augmentent la marge de leurs auteurs si le bouquin est commandé par ce biais (si si, ce sont  vraiment des gens incroyables chez Rivière Blanche... A l'occasion, allez jeter un oeil sur les contrats qu'ils proposent à leurs auteurs, c'est dingue).

Bref, quelle conclusion pour tout ça ? Et bien que je ne suis vraiment pas prêt de gagner ma vie en écrivant des bouquins ! Alors si vous voulez m'aider, voilà ce que je vous propose : contactez-moi et je vous vends directement mes bouquins, frais de port offert et dédicacés si l'envie vous en prends... Mon mail ? Il doit se trouver quelque part dans les menus à gauche de cet article.

Et que vivent les livres !

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Published by Simon Sanahujas - dans Billets d'humeur
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