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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 09:09
Paradoxe étonnant : une belle description - de lieu comme de personnage - peut à la fois enflammer une page et plomber le récit. C'est également l'une des facettes littéraires les plus faciles à exécuter, souvent la première que l'on maîtrise, tout en recelant de multiples pièges. Alors allons-y, décrivons avec le sourire !

De ma propre expérience, je me suis très tard penché sur l'art de la description. Une principale raison à cela : son apparente facilité. Lorsque j'ai commencé à écrire, ma bête noire résidait dans le dialogue (j'y reviendrai plus tard, of course) et les passages nécessitant des descriptions ne me faisaient pas peur. Je me complaisais alors dans une avalanche d'adjectifs et une foultitude de détails, trouvant même dans cette facilité naturelle un grand plaisir. En outre, ça me permettait d'aligner les signes avec la vélocité d'un Bob Howard en transe. Plus tard, alors que je commençais à me débrouiller des autres difficultés de l'écriture romanesque, je me suis rendu compte que mes descriptions se trouvaient largement perfectibles - doux euphémisme...

Il existe basiquement deux types de description : passive et active. La première est celle que l'on a tendance a utiliser naturellement et la seconde, la plus efficace et la plus intéressante dans nombre de cas, notamment lorsque le rythme joue un rôle important dans la scène en question. Plus que du blabla, un exemple servira certainement mieux mon propos. Commençons donc par une description passive :

Marceland se situait en bord de mer, à la pointe d'une excroissance rocheuse où s'échouaient des vagues brisées par les longues digues qui s'étendaient de part et d'autre du port. Du côté des terres, un épais rempart cernait la ville, percé en son milieu d'une imposante porte à triple entrées surmontée de barbacanes et de deux tours de guets carrées. Au-delà, une large avenue traversait la cité jusqu'aux quais en passant par la place du marché après avoir contourné le palais des ducs de Marceland. Une foule hétéroclite emplissait chaque rue et jusqu'à la moindre ruelle, bouillonnant des flux et reflux d'une marée humaine aux multiples activités qui baignait la ville d'un brouhaha constant. Marcel entra dans Marceland par la voie terrestre.

Bon, ok : ça n'est pas de la grande littérature et je caricature, mais l'idée est là : on a une présentation complète de la cité qui s'enchaîne sur l'action en elle-même, le fait que notre personnage pénètre dans la ville. Voyons maintenant ce qu'aurait donné la même scène en utilisant une description active :

Marcel entra dans Marceland par la porte principale, passant sous les barbacanes menaçantes et leurs deux tours de guet carrées. Une fois franchit l'imposant rempart, il se laissa porté par le flux de la foule hétéroclite d'une large avenue qui s'enfonçait au coeur de la ville. En passant le long du palais des ducs de Marceland, il commença à sentir - par-dessus les multiples odeurs de la ville - celle des embruns salés que le vent charriait depuis le proche rivage. Plusieurs centaines de mètres plus loin, l'avenue s'ouvrait sur une agora spacieuse abritant le marché de la ville. Marcel s'engouffra parmi les étales, jouant parfois des coudes pour progresser au milieu d'une multitude agitée où se mêlaient chalands et dockers apportant les marchandises des navires qui mouillaient un peu plus loin. S'extrayant à l'agitation du marché, Marcel rejoignit l'avenue qui se jetait juste après sur la longue jetée du port. C'est seulement à ce moment que Marcel découvrit la mer qu'il n'avait fait que sentir jusqu'alors, dont les vagues brisées par les deux longues digues s'étendant de part et d'autre du port venaient clapoter presque à ses pieds.

Première constatation : le second passage est légèrement plus long. En fait il n'en est rien car, après la première description, il aurait fallu ajouter le cheminement du personnage dans la cité.

Bref, la description active, comme son nom l'indique, privilégie la communication des divers détails de votre lieu en suivant l'action du ou des protagonistes. Elle a ma préférence - personnellement - car elle permet de maintenir un rythme dans une scène en évitant de séparer celle-ci en deux blocs (description puis action). Ceci dit, la description passive n'est pas pour autant à bannir de manière irrémédiable. Son utilisation peut s'avérer judicieuse pour certaines scènes particulières. Par exemple, si votre roman est une quête dans laquelle les héros recherchent un endroit précis et mythique (un sanctuaire, un château particulier, un cimetière de vaisseaux-spatiaux ou que sais-je encore), le lecteur s'attendra probablement a une bonne grosse description au moment de sa découverte.

Et concernant les personnages, le même procédé peut s'appliquer. Quand j'ai commencé à écrire, j'avais tendance à décrire mes personnages des pieds à la tête dès leur première apparition dans le récit avec pour conséquence directe de plomber ce dernier. De la même manière que pour les descriptions de lieu, vous pouvez échelonnez les différents détails qui constituent le physique de vos personnages. Par exemple, la première fois que l'on croise quelqu'un, c'est le physique général qui ressort ainsi que son attitude et ce qu'il dégage. Des détails plus discrets (couleur des yeux, cicatrice, strabisme, nez tordu etc.) apparaîtront lors de scènes plus rapprochées, tels qu'un dialogue par exemple. Il est intéressant, à mon sens, de définir le physique des personnages par petites touches successives tout au long du texte.

Long story short : méfiez-vous des descriptions. C'est facile à faire (en apparence) mais cela peut nuire énormément au rythme du texte. Et je ne parle même pas de ces bouquins qui débutent par 25 pages de description pour camper le royaume/cité/monde où va se dérouler l'action. Généralement : ces livres là me tombent des mains avant la 25ème page, c'est con.

PS : Pour la suite, je ne me suis pas encore décidé quant à la facette de l'écriture que je compte aborder. Si jamais vous aviez une envie particulière, n'hésitez pas...
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Published by Simon Sanahujas - dans (mes) techniques d'écriture
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20 juin 2009 6 20 /06 /juin /2009 10:51
Je n'en ai pas du tout parlé mais ça vaut quand même la peine de le souligner : "Conan le Texan" est disponible depuis fin mai en version anglaise ! (Sous le surprenant titre de "Conan the Texan") Incroyable, non ? Si vous cherchez un cadeau pour des amis anglophones et que vous voulez allier le farfelu à l'original, cliquez ici.

Toujours au sujet de ce bouquin, une nouvelle et sympathique critique est apparue sur le blog de Stéphane Gourjault, par ici.

Enfin, cet étrange récit de voyage aura une suite. Gwenn et moi partons pour l'Afrique cet été, sur les traces cette fois du Tarzan d'Edgar Rice Burroughs. J'aurai d'autres news là-dessus très bientôt.

Et puis en fin de semaine, j'irai à Paris faire un coucou au fandom SF à l'occasion du pot de fin d'année organisé par Bifrost et ActuSF. Ca se passera le vendredi 26 au 138. Si vous voulez boire de la bière et parler Science-Fiction, toutes et tous sont les bienvenus. Toutes les infos ici.


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16 juin 2009 2 16 /06 /juin /2009 13:41
Écrire un roman - et je ne parle pas de la somme de travail précédant la rédaction en elle-même - est un sacré boulot. Pour vous donner une idée, imaginez un immeuble de, disons une dizaine d'étages de 200 ou 300 mètres carrés chacuns, dont vous devriez peindre la façade et l'intérieur armé d'un pinceau du type de ceux utilisés par les modélistes. J'exagère peut-être un chouia mais l'idée demeure. Face à ce travail de titan, on a tendance à se dire "allez, si je ne peints pas mon mètre carré aujourd'hui, il m'en restera autant à faire demain". C'est tout le danger de l'écriture romanesque : elle me semble nécessiter une assiduité au travail exemplaire si on veut réussir à en voir le bout.

Pour ma part, je me suis assigné un rythme d'écriture. J'essaye, tant que faire ce peu, de pondre 30 000 signes par semaine. Ça n'est absolument pas énorme mais, si c'est fait de manière régulière, cela permet d'achever un roman en une demi-douzaine de mois. Si je prends l'exemple du roman sur lequel je travaille actuellement, j'ai eu un pique haut à 52 000 signes durant une semaine des plus agréables, et un pique bas à... zéro, durant une période où je n'ai pas pu consacrer un seul instant à l'écriture.

Alors, présenté de cette manière, on pourrait avoir l'impression que je me force, que l'écriture n'est plus un plaisir mais une corvée à laquelle il faut s'atteler coûte que coûte. C'est faux dans une certaine mesure, et vrai sous d'autres aspects. C'est étrange mais, si je prends effectivement un grand plaisir dans la rédaction en elle-même, j'ai toujours besoin de me motiver pour me lancer dans une scène. Et si je ne m'astreins pas à m'asseoir devant mes feuilles et à m'y mettre, je vais repousser ce moment jusqu'à me rendre compte que je ne dispose plus du temps nécessaire.

A ce sujet, le temps de travail est très important. Personnellement, si je n'ai pas deux heures devant moi minimum, je n'essaye même pas de me lancer. De mon expérience, il n'y a rien de plus frustrant qu'une scène interrompue en court de rédaction. Souvent, lorsqu'on écrit, les phrases qui suivent et l'organisation ultérieure de la scène se forment dans la tête de l'auteur, parallèlement à l'écriture en elle-même. S'arrêter en plein milieu est assez nuisible en terme de productivité. Il m'a donc paru nécessaire de me ménager des plages horaires de taille suffisante. A ce sujet, il existe plusieurs possibilités. La méthode communément reconnue comme la plus efficace est de se lever 2 ou 3 heures avant d'aller au boulot et d'utiliser ce laps de temps pour l'écriture. C'est celle des courageux. Personnellement, j'ai essayé plusieurs fois et échoué la moitié du temps. La solution inverse est celle de l'écrivain nocturne : travailler le soir et jusqu'au petit matin si on se sent en verve. L'énorme avantage, c'est que l'auteur n'est alors pas interrompu par des impératifs horaires. J'ai pratiqué cette manière durant plusieurs années et, l'inconvénient que j'y voie réside dans la fatigue. On a beau être éveillé le soir et après minuit, pas de soucis, le problème provient de la lassitude qui s'est accumulée tout au long de la journée et qui obscurcit fatalement l'esprit. Entre ces deux extrêmes, j'ai personnellement opté pour une dernière solution : travailler l'après-midi. Bon, il faut disposer d'horaires qui le permettent, mais, dans mon cas, cela s'est révélé assez efficace. De 13h à 16h, je réussis à me dégager trois heures d'écriture qui me permettent d'avancer confortablement dans mon travail. Après, je retourne au boulot, serein, et je peux même me permettre le luxe de m'en coller une petite le soir...

Mais au-delà de cette semaine de travail, il est aussi une chose à éviter selon moi, il s'agit des trop longues coupures dans la rédaction d'un roman. Si vous arrêtez d'écrire durant un mois pour partir en vacances ou réviser vos examens, le déficit réel en terme de temps se révélera bien plus grand. Le roman nécessite une immersion de presque tous les instants. Que ce soit dans l'écriture ou dans le processus de construction qui ne vous lâche jamais véritablement. Effectuer une coupure aussi longue a pour effet d'entamer sérieusement, voire de rompre, cet étrange fil qui relit l'auteur à son texte. En conséquence, lorsqu'on s'y replonge, on perd un temps fou à se réapproprier le texte, retrouver les personnages, le ton utilisé, le temps et le style parfois, l'organisation de l'histoire etc.

J'ai abordé cette histoire de rythme d'écriture pour ce qui concerne le roman. Je voie les choses tout à fait différemment dans le cadre d'une nouvelle. J'ai remarqué une chose : je suis toujours plus productif lorsqu'il s'agit de rédiger la fin d'un roman. Il existe plusieurs raisons à cela. Déjà, quand on approche du point final, généralement, tout est clair dans notre esprit et ça file. Ensuite, la fin comporte souvent les scènes les plus bandantes, celles qu'on a imaginées tout au début et qu'on s'est retenu d'écrire pendant des mois. Enfin, l'idée que la fin est proche représente une énorme source de motivation en soi. A ces titres, la rédaction d'une nouvelle s'apparente à une fin de roman : tout est là et la distance apparaît si courte que nulle démotivation ne vient entamer la volonté d'écrire. Il m'est régulièrement arrivé, par exemple, d'écrire des nouvelles de 30 000 signes (mon quota hebdomadaire donc) en l'espace de quelques jours.

Voilà encore un article qui n'explique pas grand chose à l'écriture romanesque en elle-même mais, à mon sens, le point abordé demeure crucial. Pour le prochain, je me rattraperai en vous préparant un truc sur la description...

Concernant l'image, il s'agit du rythme d'écriture de "L'Emprise des rêves". Alors oui, certes : ça n'est pas très intéressant, mais ça ajoute de la couleur sur cette page, et du rose en plus (celui de la pochette enfermant le manuscrit).
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Published by Simon Sanahujas - dans (mes) techniques d'écriture
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9 juin 2009 2 09 /06 /juin /2009 20:07
Pour ce second volet, j'ai décidé de rentrer dans le vif du sujet en m'attaquant à la création des personnages. Coton me direz-vous ? Et vous avez bien raison. C'est simple, je crois n'avoir jamais véritablement apprécié une histoire dont je ne jugeais pas les personnages attachant ou, plus simplement, intéressant. A mon sens, il s'agit de l'un des points les plus importants du roman, et il me semble extrêmement périlleux de débuter la rédaction d'un texte sans avoir en tête une idée précise de ses acteurs. C'est également cela qui me pousse à aborder ce sujet parmi les premiers.

Rappel : Comme d'habitude, je vais vous parler de ma manière de voir les choses. Ça n'est pas la seule, et certainement pas la meilleure. A vous de juger...

Pour les personnages, je me constitue tout bêtement des fiches. Pas des feuilles de JdR, on s'entend bien, savoir que tel personnage est capable d'utiliser une épée large avec un facteur d'attaque de +42 n'est absolument pas primordiale. Je commence donc par une série de renseignements factuels comme l'âge, la taille (de manière précise, ça ne coûte rien et elle influe énormément sur la manière qu'ont les personnages de s'appréhender entre eux : le ressenti n'est pas le même lorsque quelqu'un parle à une personne de quelques centimètres de plus/de moins, ou de trente centimètres de plus/de moins), l'origine (nationalité, ville, royaume...), couleur de cheveux, d'yeux et de peau (quand on se lance dans un roman, c'est très pratique pour ne pas faire d'erreurs bêtes, surtout quand il s'agit de personnages secondaires).

Après cela, je renseigne quatre points de manière plus ample : l'apparence (gros, sec, athlétique, mains calleuses, nez cassé, cicatrices, strabisme, vêtements etc...), l'histoire (le background en somme, quel a été son parcours avant le temps du texte), les buts (que recherche ce personnage en général et que recherche-t-il précisément dans l'action du texte ?) et enfin sa psychologie (quels sont ses problèmes, ses peurs, ses tics, son attitude à l'égard des gens et des choses etc.).

Maintenant, passons aux choses sérieuses : si vous avez répondu à toutes ces informations, considérez que vous n'avez à peu près rien fait. Toute la subtilité de la construction du personnage provient de la logique qui va relier toutes ces informations entre elles. Votre personnage a la peau matte ? Super ! Est-ce quelqu'un qui passe son temps à se faire dorer la pilule au soleil, travaille-t-il constamment en extérieur, fait-il des UVs ou est-ce génétique ? Cet exemple s'applique à toutes les informations qui constituent le personnage. Il faut s'attacher à pouvoir répondre à la question du pourquoi, et que ce pourquoi demeure logique. Votre personnage possède un physique athlétique ? Très bien mais d'où lui vient-il ? Est-ce un travailleur manuel, un sportif ou un adepte du banc de muscu ? La réponse à cette question vous renseignera quant au type de musculature de votre personnage et également sur une partie de sa psychologie. S'il pratique intensément la musculation, quel est le but de la manoeuvre ? Pourquoi fait-il ça ? Parce qu'il a peur ? Pour plaire aux filles ? Parce qu'il vient de passer la quarantaine et regrette le corps de ses 20 ans ?

Je viens de prendre des exemples physiques à chaque fois mais tout cela s'adapte de la même manière à la psychologie et aux valeurs de votre personnage. S'il vote communiste, il vous faut pouvoir expliquer le cheminement qui le mène à cet acte. Vote-t-il comme ses parents ? S'agit-il d'un utopiste convaincu ? Y a-t-il eu un événement ou une suite d'événements dans sa vie qui l'ont poussé à ce positionnement politique précis ? Agit-il ainsi pour adhérer à une cause ou pour s'élever contre une autre ? Etc.

Je ne vais pas répéter mille et un exemples. Retenez juste ceci : une accumulation de détails aussi complexe et riche soit-elle ne suffira jamais à camper un personnage. En 2006, lors du festival des Utopiales, j'ai eu l'occasion de réaliser une interview de Kirsten J. Bishop ("Aquaforte"). Dans son roman, elle mettait en scène toute une galerie de personnages fort crédibles et, lorsque je lui ai demandé d'où lui venaient ces entités, voici ce qu'elle m'a répondu :

"Ils me semblent venir du néant. Mais, au-delà de ça, quand je regarde l'image qui m'apparaît d'eux, je suis capable de voir d'où ils viennent, ce qu'ils sont, de retracer la généalogie des inspirations qui les ont fait naître. Je vois une figure dans mon esprit et alors je me dis : qui es-tu ? D'où viens-tu ? Par exemple, je ne me dis pas : j'ai besoin d'un pistolero, ok, construisons un pistolero. Pour moi, ça ne fonctionne pas comme ça. Je vois une personne, dans un décor - c'est très important - et après je m'en sers en fonction des besoins de mon histoire."

Pour ceux que cela intéresserait, le reste de l'entretien est au sommaire du Faeries n°24.

Ce que je trouve remarquablement intéressant dans les propos de Kirsten, c'est cette idée de non-création justement. Elle voit un personnage puis, ensuite, cherche à comprendre qui il est et pourquoi. On a véritablement l'impression que son travail est moins celui d'un écrivain que celui d'un chercheur qui tente de comprendre cette image, ses motivations et sa façon de penser. A mon avis, nous sommes ici pas loin de la clef.

Lorsqu'on réussie à disposer de ce genre de personnages avec une logique propre et même, par certains aspects, une sorte d'indépendance, et bien c'est le top. Toutes leurs actions deviennent crédibles et, finalement, on a presque plus qu'à les suivre. Quand j'écris aujourd'hui, il m'arrive de plus en plus régulièrement de voir une scène se modifier par rapport à mon canevas, à cause des personnages qu'elle comprend. Par exemple : j'ai dans mon synopsis une scène dans laquelle deux personnages doivent discuter, échanger telles ou telles informations et aborder tels ou tels sujets (je reviendrai dans un autre article sur cette histoire de synopsis, of course). Équipé de mon fidèle stylo (cf. Stylo versus ordinateur) je me jette dans la scène. Je trouve une amorce au dialogue, l'échange commence et se dirige petit à petit vers les informations que j'avais prévu de caser à ce moment là puis, soudain, je me rends compte que ces deux personnages ne peuvent aborder ces sujets sans s'engueuler méchamment. Excellent : je les laisse faire et toute la suite de l'histoire s'en trouve modifiée. Je vais devoir rebosser la construction mais, au moins, ces deux là vivent.

Il s'agit d'un sentiment de délitement, quand l'histoire semble nous échapper, vivre d'elle-même, qui est tout à fait jouissif.

Pour résumer tout ça, il me paraît fondamental que les personnages ne soient pas des parodies destinées à coller à l'histoire, mais qu'ils possèdent une personnalité propre, arrêtée et étayée, crédible et logique. Vous devez être capable d'expliquer la raison ou la cause de chacun des multiples détails qui les constituent. Il n'est pas forcément nécessaire que tout ça soit explicité dans votre histoire, au contraire. Si votre personnage est bien fait, cela se sentira au détour de chaque scène et il se mettra à vivre entre les pages...

Bon, lorsque je me relis, je me rends compte que je survole pas mal. Si vous voulez en discuter, n'hésitez pas à recourir aux commentaires !

Note : Pour illustrer cet article, j'ai utilisé quelques croquis de personnages non finalisés - en pleine création justement - issus des carnets de mon père.
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Published by Simon Sanahujas - dans (mes) techniques d'écriture
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8 juin 2009 1 08 /06 /juin /2009 21:55
Hier, comme à mon habitude, je me suis offert une petite soirée de résultats électoraux. Et comme toujours, face à ce parterre de bonimenteurs brasseurs d'air et de journalistes calamiteux, je me suis quelque peu énervé. Ça tombe bien, cela me permet d'inaugurer une section de billets d'humeur sur ce tout récent blog.

Pour commencer, il me semble nécessaire de revenir sur les résultats et de présenter à des fins d'analyse les chiffres réels, ceux que vous ne verrez nulle part à la télé ou n'entendrez pas à la radio, bref, ceux qui prennent en compte l'abstention. Hop, après quelques minutes passées sur une calculatrice, voilà ce que ça nous donne :

Vote blanc => 59,35%
UMP => 11,33%
PS => 6,7%
Europe écolo => 6,62%
Modem => 3,43%
FN => 2,58%
Front de gauche => 2,46%
NPA => 1,98%
Je m'arrête là pour épargner les petits partis suivants et leurs poussières de voix.

Avouez quand même que c'est moins reluisant présenté de cette manière, non ?

Du coup, notre premier ministre qui dit "assumer avec gravité cet énorme succès" s'en trouve quelque peu ridicule. L'éclatante victoire de notre cher gouvernement perd un soupçon de sa brillance. Et ne parlons pas de l'apparition confinant au burlesque de ce cher Xavier Bertrand, bouffi de sourires et le caleçon tout humide de son émois, qui assène, sûr de lui, que les perdants sont ceux qui n'ont pas évoqué l'Europe dans leur campagne. Ha ha ha...

En parlant d'Europe, j'ai appris hier, alors que je me renseignais avant d'aller effectuer mon devoir de citoyen, que les découpage en huit circonscriptions avait été effectués par le gouvernement Raffarin, en 2003, afin d'éviter la veste de 1999, lorsque les gros partis s'étaient retrouvés spoliés de leurs sièges par les petits qui s'étaient goinfrés à coup de petits pourcentages. Faisant alors montre d'une rare hypocrisie, nos chers politiques avaient argué de permettre ainsi une représentation plus proche des régions avec des députés "de terrain". La belle blague. Qu'en ai-je à foutre d'envoyer à Bruxelles et Strasbourg un député "proche de moi" ? Personnellement, je n'élis pas un député européen pour qu'il me défende personnellement, moi ou ma région, mais pour qu'il fasse peser une voix qui me "convienne" (à peu près va-t-on dire) lors des débats sur l'évolution de l'Europe, point. Non, le réel effet de ce découpage ubuesque est de réserver au gros partis un nombre de sièges supérieur à celui que leurs résultats leur aurait donner droit normalement et, surtout, de priver de leurs sièges les petits partis perturbateurs.

Cela me rappelle une phrase de Robert Wright dans son excellent "Animal moral" qui disait, grossomodo, qu'un politicien ne dépensait jamais autant d'énergie que lorsqu'il était en campagne pour se faire élire. J'y ajouterai qu'il en dépense énormément dans ce genre de redécoupages foireux qui permettront par la suite à lui et son parti de se tailler plus facilement la part du lion. Et vive la démocratie !

Quant à la soirée en elle-même, j'ai été profondément choqué par deux points.

Le premier n'est pas nouveau, il s'agit de l'aplomb phénoménal avec lequel les politiciens de tous bords nous abreuvent de blablas sans consistance, suintant, hypocrites et, personnellement, que je juge injurieux à l'égard  des électeurs. S'il vous plaît, arrêtez de nous seriner que votre parti a obtenu tel résultat grâce à une campagne au coeur de l'Europe et parce qu'il incarnait le progrès face à d'autres partis rétrogrades. Please.

Le second, c'est que jusqu'à presque 22h, il n'a été nulle part question des potentiels résultats au niveau du parlement européen. Qu'en ai-je à foutre que le PS se ramasse en France s'il écrase tout dans les 26 autres pays et vis-versa ? A la place, on a vraiment eu l'impression qu'il ne s'agissait de rien d'autre qu'une mise au point au niveau de l'équilibre des forces politiques nationales. Ah mais, j'y pense, c'était peut-être de cela qu'il retournait en fait...

Allez, arrêtons là. Oublions notre parodie de démocratie et les pourris qui nous gouvernent, et rêvons sereinement de guillotines.
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Published by Simon Sanahujas - dans Billets d'humeur
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25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 19:56
"Conan le Texan"
avec Gwenn Dubourthoumieu
Les moutons électriques - coll. "Bibliothèque des miroirs"
novembre 2008
cartonné avec jaquette - 80 pages couleurs
Couverture de Gwenn Dubourthoumieu
50€





L'exemple type du livre invendable, auto-suicidé par un prix de vente exorbitant. Le problème : n'ayant absolument aucune idée du nombre de lecteurs potentiels, nous avons dû nous résigner à utiliser l'impression à la demande. Ainsi, le coût de fabrication s'élève à 30€ ce qui, avec les différentes marges (auteurs, éditeur, frais de port) nous amène à 50€ l'unité sans pourtant passer par la chaîne distributeur/diffuseur/libraire...

Mais trêve de bavardages, de quoi peut bien parler cette chose ? "Conan le Texan" est un récit de voyage illustré de photographies, suivant le périple de deux Français égarés au Texas avec l'étrange idée en tête d'y suivre les traces de Conan. Fin 2007, lorsque je travaillais sur "Les Nombreuses vies de Conan", André-François Ruaud m'a demandé quelles photos pourraient correspondre à l'ouvrage. Facile pour un bouquin centré sur Sherlock Holmes ou Arsène Lupin, un peu plus compliqué quand on traite de Conan le Cimmérien. Quelques semaines plus tard, en descendant quelques bières avec mon vieux pote Gwenn, celui-ci évoque l'idée d'effectuer un reportage photo en compagnie d'un journaliste ou d'un écrivain, et de tenter par la suite de publier le résultat. Après avoir évoqué plusieurs projets farfelus (la secte des Kitawalistes perdue au fin fond de la brousse congolaise par exemple), je lui ai proposé cette idée : partir au Texas à la recherche de la Cimmérie puisque Robert E. Howard s'était inspiré de plusieurs paysages de son état natal pour créer différents lieux de l'univers de son personnage. Le lendemain, les Moutons Electriques répondaient au projet de manière plus qu'enthousiaste et, un mois et demi plus tard, on se retrouvait tous les deux de l'autre côté de l'Atlantique.

Au Texas, on a parcouru un peu plus de 7000 km en 18 jours et avons découvert bien plus que ce à quoi nous nous attendions. Au final, ce bouquin aborde à la fois les différentes inspirations texanes (paysages, mentalité, histoire...) qui se retrouvent en filigrane dans les textes de Conan, et la découverte d'un état pas vraiment banal par deux frenchies perclus de préjugés, faux pour la plupart.

Et avec le recul, que reste-t-il de tout ça ? Le constat est assez frustrant : de bonnes critiques, des gens enthousiasmés par le projet, des compliments sur les différentes expositions photos... et des ventes ridicules. Mais tout ça ne suffira pas à nous arrêter : comme on s'est vraiment bien marré à faire ce truc, on rempile cette année en partant à la conquête du Gabon et du Cameroun, sur les traces de Tarzan cette fois...

Un petit lien sur le site du maquettiste - le talentueux Sébastien Hayez - où se trouve l'intégralité du design intérieur de la chose.
Et plusieurs critiques pour vous donner une autre idée : NooSFere, Elbakin, Les Chroniques Némédiennes, et ma préférée, celle de la Yozone.

Et puis une petite photo de Cimmérie parce qu'on y allait principalement pour ça et qu'on n'est pas mécontent de l'avoir trouvée :
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Published by Simon Sanahujas - dans Mes bouquins
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19 mai 2009 2 19 /05 /mai /2009 19:52
"L'emprise des rêves"
Black Coat Press - coll. "Rivière Blanche"
mai 2008
moyen format - 292 pages
couverture de Patrice Sanahujas
20€

Lorsque j'ai écrit "Suleyman", publié en 2005, je n'avais absolument pas prévu de rédiger une suite. Et puis le temps passant, je me suis rendu compte de plusieurs choses. Je n'avais pas utilisé toutes les idées qui m'étaient venues durant l'écriture de "Suleyman", d'autres idées continuaient à surgir et, enfin, j'avais laissé deux points plutôt importants en suspend : la relation entre Zoé et Suleyman, et celle entre ce dernier et son créateur. Ajoutés à cela les encouragements de Phillipe Ward - l'estimé directeur de Rivière Blanche - qui me disait être intéressé par un autre roman et me voilà reparti, courant 2006, dans l'écriture de cette séquelle.

Bref, de quoi peut bien causer cette suite initialement imprévue ? L'histoire reprend cinq années après les événements de "Suleyman". Ce Dernier a disparu de la circulation sans laisser d'adresse, au grand dam de Zoé qu'il avait tirée de sa routine de simple terrestre et qui, désormais, plutôt que de retourner à sa vie antérieure, a choisi de rejoindre le Conseil de Schamsralia pour participer à la sauvegarde du Multivers. Tout en cherchant à comprendre l'attitude de Suleyman (est-il mort ? Et si non pourquoi disparaître ainsi ?), elle se retrouve à la tête d'une boucle d'univers dans laquelle surviennent d'étranges événements laissant à penser qu'une ou plusieurs organisations malintentionnées s'y intéressent.

Côté construction, je me suis vraiment amusé dans ce bouquin. J'ai pris le parti de suivre les périples de plusieurs personnages en alternant des chapitres très courts. C'était plutôt intéressant durant l'écriture, l'enjeu étant que toutes les histoires se rejoignent à chaque fois au bon moment ; et au niveau du rythme, cela m'a permit de booster le texte. Enfin... disons que là résidaient mes objectifs, à vous de me dire si ça a fonctionné. Récemment, Gilles Dumay m'a complimenté à ce niveau, ce qui m'a fait énormément plaisir. Je crois qu'il a relevé un bon "sens de l'événementiel romanesque" ou un truc dans le genre. Comme il était 5 ou 6h du matin et que nous avions un peu bu, je ne suis pas complètement sûr de la citation...

Petite anecdote : Rivière Blanche a utilisé pour la couverture une illustration inédite de mon père - Patrice Sanahujas. Il s'agit d'un tableau qui me fascine depuis sa réalisation, à la fin des années 80. Après avoir écrit "Suleyman" je me suis dit que le personnage féminin pouvait ressembler à Zoé tout en présentant un pathos bien particulier. Du coup, je me suis amusé à intégrer cette scène dans le roman, en explicitant la présence de la créature et l'attitude particulière de la jeune femme, afin de justifier son utilisation en tant que couverture. Ce qui ne devait être qu'un clin d'oeil au début, est devenu sans presque que je m'en rendre compte, l'une des scènes les plus importantes et, en tous cas, un moment clef de l'histoire...

Pour finir, les traditionnelles critiques :

A gauche, celle du Monde des Livres que je reproduis parce que ça le fait, quand même.

Sur ActuSF.

Et puis dans la section multimédia, cette interview réalisée par Ketty Steward et Clément Bourgoin. Je n'y suis guère à l'aise mais c'était marrant...
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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 19:54

"Les nombreuses vies de Conan"
Les moutons électriques - coll. "Bibliothèque Rouge"
octobre 2008
Avec la collaboration de Patrice Allart, Jacques Baudou, Mathieu Baumier, Christophe Fernandez, Laurent Kloetzer, Jean-Marc Lofficier, Marc Madouraud, Patrick Marcel, Miguel Martins, Vincent Riault, Deuce Richardson, Julien Sévéon et Fabrice Tortey
grand format - 384 pages
couverture de Daylon et Michel Koch
28€

Voilà un bouquin qui m'a coûté deux années de travail acharné. Diriger un volume de la Bibliothèque Rouge, c'est une immersion totale et exclusive dans l'univers du personnage, un périple au coeur de l'oeuvre qui peut parfois tendre vers la folie. Durant ces deux années, je n'ai pratiquement rien fait qui ne soit en lien direct ou pas avec Conan et, je l'avoue, j'étais bien content lors de la vérification de l'ultime BAT. J'ai du lire chacun des textes du Cimmérien une bonne douzaine de fois, en anglais comme en français, lectures auxquelles s'ajoutent celles des lettres de Robert E. Howard,, des travaux d'autres chercheurs, des critiques, des études et j'en passe. Alors au final, à quoi cette chose peut bien ressembler ?

 

Un volume de la Bibliothèque Rouges (BR pour les intimes) se compose de deux parties. La première est un jeu qui consiste à parler du personnage et de son univers comme si ceux-ci avaient été réels. On débute ainsi par une biographie de Conan dont le but est de raconter la vie du personnage en adoptant le point de vue d'un historien et en évoquant son évolution psychologique et les raisons de celle-ci. Cette biographie est le texte qui m'a demandé le plus de boulot, d'autant plus que, contrairement à Tolkien par exemple, Howard n'a pratiquement pas laissé d'indications chronologiques. Ce n'était pas son but pour deux raisons : 1 cela ne se faisait pas à l'époque, et 2 il voulait que les aventures de Conan soient lues dans le désordre, à la manière d'un aventurier racontant sa vie qui évoque ses souvenirs dans l'ordre où ils lui reviennent en mémoire. Alors bien sûr, beaucoup de critiques m'ont reproché cet exercice en arguant de ce désordre volontaire dans la saga du Cimmérien. Certes, il ne faut pas lire son histoire de cette manière, et c'est d'ailleurs ce que je précise dès mon introduction. Mais il s'agit du jeu de la BR, ce jeu n'est pas nouveau et, si il ne nous intéresse pas, on n'est pas obligé de le lire. Ceci dit, s'il est avéré que Howard désirait que les textes de Conan soient lus dans le plus grand désordre, cela ne veut pas dire qu'il ne les avait pas organisés, loin de là même. Personnellement, je n'étais pas plus enthousiasmé que cela, au début, pour m'attaquer à cette chronologie, en raison des arguments précités. Mais en me plongeant dans les textes, force m'a été de constater qu'une organisation existait et qu'elle était très claire. Après plusieurs ébauches de chronologies inspirées des précédents travaux de ce genre (tous issus de fans et chercheurs américains), et moult relectures, je me suis rendu compte d'une chose assez surprenante : l'absence totale de hasard quant au positionnement chronologique de chaque texte. Si on se réfère aux quelques indications temporelles et factuelles essaimées par Howard dans sa saga, il en découle que chaque texte ne peut se positionner qu'à un endroit et un seul. Encore plus convainquant pour moi a été le fait de découvrir en comparant différentes versions d'un même texte, que Howard modifiait des données temporelles dont il n'avait soi-disant rien à foutre, pour que la logique interne à sa saga soit respectée. Enfin, lorsque Miller et Clarck, les premiers fans à s'intéresser à l'organisation des aventures, lui envoyèrent une chronologie conanesque, Howard en fut fort touché et leur fit part de quelques remarques dans sa réponse, concernant notamment l'âge de Conan à telle ou telle période de sa vie etc... Enfin bref, tout ça pour dire qu'il existe une logique chronologique (et d'évolution psychologique) à la saga de Conan et qu'à ceux qui ont argué d'un "meuh n'importe quoi, Howard n'a pas écrit Conan comme ça", je réponds qu'ils ont faux.


Ensuite viennent deux autres chapitres de contextes historiques. Une chronologie reprenant les éléments de la biographie avec des dates, que je me suis amusé à enrichir avec les données complètes de la préhistoire inventée par Howard (intégrant ainsi Kull, les différents cataclysmes et migrations), ainsi que les liens issus de l'histoire hyborienne que l'on retrouve dans notre propre histoire. Le second est un article de géo-politique qui débute à l'époque de Kull et s'achève aux origines de notre Antiquité en passant par l'époque de Conan. J'y retrace avec moult cartes les différentes évolutions et régressions des différents peuples et comment ils ont amenés aux peuples de notre ère.


Voilà donc pour la première partie. Vient ensuite une section plus analytique dans laquelle on abandonne l'idée que tout ça ait véritablement exister pour décortiquer quelque peu l'oeuvre. On y trouve donc plusieurs articles récurrents des BR : les rivaux du personnages (héros ayant inspiré, ressemblant ou découlant de Conan), les vies parallèles (pastiches, adaptations en comics, séries TV, dessins animés, cinéma etc...), et l'indispensable bonne grosse biblio évidemment. La suite est une succession d'articles thématiques : l'un sur Kull que je ne voulais pas simplement traiter dans les rivaux, un sur le code moral du barbare, un autre sur ses origines, un article consacré à l'étonnante carrière éditoriale du personnage (avec mise à jour de toutes les magouilles ayant suivi au suicide de Howard), un autre sur les Celtes dans l'oeuvre howardienne, un article sur les liens entre Conan et son créateur qui se base sur une décortication de "Red Nails" et, pour finir, un texte hommage de Laurent Kloetzer.

Deux conclusions à ce travail : j'ai pris un pied fou à l'exécuter, et il m'étonnerait que je me relance jamais dans un autre volume de la Bibliothèque Rouge...

Et puis quelques critiques pour finir :
Sur Elbakin.
Sur le Cafard Cosmique.
Sur les Chroniques Némédiennes.
Sur ActuSF.
Sur le blog de Nébal.
Y'en a eu d'autres mais ça devrait suffire : j'en ai mis des gentilles et des moins gentilles donc vous devriez pouvoir vous faire une idée ;-). A noter que le bouquin avait été évoqué dans les pages de Mad Movies et de l'Ecran Fantastique, ce qui est cool, quand même.

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6 avril 2009 1 06 /04 /avril /2009 15:08

Souvent, je lis des remarques d'internautes du genre : "j'ai envie de me lancer dans un roman mais je ne sais pas comment my prendre". Le premier roman peut s'apparenter à une sorte de montre dans les entrailles duquel on a tendance à se noyer, et il n'est pas étonnant que ce genre de question revienne. Ça m'a donné l'idée de consacrer une partie de ce blog à ma façon d'écrire. Évidemment, il ne s'agira en aucun cas de règles à appliquer de manière systématique. Je paraîtrais bien orgueilleux si j'affirmais qu'il faille procéder de telle ou telle façon et pas d'une autre. J'écris depuis une quinzaine d'années et cette expérience m'a peu à peu amené à un certain système qui, tout simplement, fonctionne avec moi.Cette manière de travailler évolue avec chaque nouveau texte, et je suis d'ailleurs toujours curieux d'apprendre comment les autres travaillent.

 

Mais trêves de palabres. Je vais m'appliquer dans une succession d'articles à expliquer ma manière de fonctionner. Si vous y trouver des techniques qui vous conviennent, j'en serai heureux et puis voilà tout.

 

Pour inaugurer cette section de ce tout nouveau blog, j'ai choisi de commencer par une base anodine : cette vieille opposition entre les écrivains qui pondent leur premier jet à l'ordinateur et ceux qui passent par l'étape du stylo.

 

Je ne ferai pas dans le suspens de bas étage : je suis personnellement partisan de la seconde méthode. J'ai essayé l'ordi, bien évidemment, mais je n'ai jamais réussi à dépasser la taille d'un petit article. Le constat est simpliste : face à un écran d'ordinateur et à un clavier, je bloque, je n'arrive pas à organiser mes idées, je ne sais par où commencer et, lorsque je me lance enfin suit un nombre incessant de retour en arrière. De fait, je crois que le manque de réel et de concret lié à cette page virtuelle qui peut expirer à tout moment échoue à me persuader que je suis en train de produire quelque chose de tangible. Ça doit être un truc comme ça...

 

Ceci étant, il existe énormément d'avantages à passer directement par l'ordinateur, j'en conviens aisément. Le premier d'entre eux est le gain de temps. Étant donné que la grande majorité des éditeurs actuels ne prennent plus la peine de lire un manuscrit rédigé à la main, il vous faudra de toute façon taper votre texte à l'ordinateur. Le second, c'est la souplesse : une phrase ne fonctionne pas ? Un agile coup d'index sur "retour" et elle n'existe plus, vous pouvez recommencer sans qu'elle ne continue à vous influencer. Ensuite s'imposent toutes les facilités apportées par l'ordinateur et l'internet : l'intégration de dictionnaire des synonymes, la disponibilité sur la toile des autres type d'ouvrages référentiels ainsi que de presque tous les renseignements imaginables.

 

Cela paraît si pratique que, en rédigeant ces lignes, je me demande pourquoi je n'adhère toujours pas...

 

Voyons donc les avantages que je trouve au stylo et au papier. La première chose, et probablement la plus importante à mes yeux, est certainement le côté physique de l'exercice : la pression du stylo sur la feuille (plus ou moins forte en fonction des scènes), la rapidité et la fluidité du geste... Il existe également un côté pratique : le fait de pouvoir écrire n'importe où, à tel bureau ou telle table, par terre et, si on s'équipe d'une simple planche, dans un parc adossé à un arbre, vautré dans un canapé ou encore au fond de son lit (voire même aux toilettes, pourquoi pas, il faudra que j'essaye...), selon les envies du moment. En outre, c'est vachement plus simple pour fumer en même temps et, lorsqu'on renverse le café, la bière, ou tout autre liquide que vous aimez ingérer en période créative, le résultat s'avère bien moins grave. A l'objection de la perte de temps, qui peut se justifier, j'opposerai plusieurs arguments tout à fait personnels. Pour commencer, lorsque je retape le texte sur informatique, j'en profite pour effectuer une relecture immédiate, d'où un gain de temps direct en contrepartie. D'autre part, je suis personnellement incapable d'écrire douze heures durant sans m'arrêter et faire autre chose. J'ai besoin d'un moment de recharge durant lequel les éléments des scènes suivantes vont se mettre en place naturellement, et je trouve ces instants nécessaires dans les passages de transcription informatique.

 

Quant à ceux qui voudront me reprocher mon manque de sensibilité écologique, qu'ils sachent que j'écris tous mes textes au dos de partitions d'orchestre héritées de mon autre travail (vous savez : le travail sérieux qui permet de remplir le frigo et de payer les factures...). Optimisation donc de la vie et de l'utilité de rames entières destinées à la poubelle.

 

Pour illustrer tout ce blabla de peu d'intérêt (il s'agit d'un article de chauffe, j'essaierai d'aborder des trucs plus captivant par la suite : style, découpage, organisation des idées, création des personnages, ce genre de choses...), j'ai choisi une page de mon dernier roman. Je m'engage à envoyer gratuitement un exemplaire de "L'emprise des rêves" au premier qui réussira à la comprendre dans son intégralité (fichier word à l'appui).



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6 avril 2009 1 06 /04 /avril /2009 13:02
"Comment fut-ce possible ?"
in Appel d'air - éditions les 3 souhaits
octobre 2007
mini format - 94 pages
couverture de Jean-Emmanuel Aubert et Eric Holstein
6€

Un texte écrit en une journée, en réponse à l'appel de Catherine Dufour et Alain Damasio, dans l'urgence donc. L'idée était de mettre en garde les lecteurs contre les dérives possibles d'un gouvernement ayant à sa tête Nicolas Sarkozy. J'avais choisi pour cela de me placer dans un futur relativement lointain, et d'utiliser comme cadre un cour d'histoire politique se penchant sur ces années de présidence.
L'anthologie a reçu un accueil assez favorable dans le milieu et au-delà. J'en garde plusieurs bons souvenirs : les centaines de mails frénétiquement échangés entre les deux tours, le rassemblement du milieu de la SF derrière la prospective et la mise en garde (une sorte de retour aux sources en somme), et la séance de lectures bien marrantes lors des Utopiales 2007. Au final, force m'est de constater que nous nous sommes trouvés bien en-dessous de la réalité, moi le premier... Quant à mon texte préféré dans cette antho, il s'agit sans hésitation du "Suicide de la Démocratie" d'Ugo Bellagamba, une merveilleuse et terrifiante fable métaphorique.


"L'ère humaine"
in HPL 2007 - Malpertuis
septembre 2007
grand format - 312 pages
couverture de B.
16€

Un vieux texte écrit en 2001, dont le personnage principal s'inspire directement de mon arrière-grand-père, un espagnol qui bossait comme charbonnier dans les forêts de Côte d'Or. L'ambiance est celle de l'hiver, au tournant de la seconde guerre mondiale, lorsque l'issue en demeurait incertaine. Et par le biais du fantastique, l'histoire rejoint les origines oubliées de l'espèce humaine, sanglantes et pas belles à connaître forcément. Malgré qu'il soit publié dans une antho en hommage à Lovecraft (pour fêter les soixante-dix ans du décès du maître de Providence), j'avais écrit cette nouvelle dans le but d'en faire un texte relevant de l'esprit du fantastique howardien. Mais tout ça est lié, évidemment, Howard idolâtrant dans ce domaine des écrivains tels que Machen, Bierce, et Lovecraft bien sûr.
A noter la courageuse initiative de cet éditeur sympathique qui ose se lancer exclusivement dans le fantastique...




"Les tambours de Dark Valley"
in Black Mamba n°6 - éditions Celephaïs
avril 2007
revue souple - 68 pages
couverture : Alexandre Tuis
dessins illustrant  "Les tambours de Dark Valley" (très jolis) : Vincent Minck
4,50€

Encore un hommage à Robert E. Howard, sous forme cette fois de fantastique western. Je l'avais écrit pour une anthologie dont je tairai le nom puis, après avoir pris connaissance des travaux de l'anthologiste, j'ai préféré retiré mon texte...
Un hommage, disais-je donc, bourré jusqu'à la gueule de références obscures que, j'en ai bien peur, seuls des spécialistes bien tarés pourraient déceler dans leur totalité. Pour donner quelques pistes, il faut fouiller dans les noms, dans les significations des phonèmes utilisés pour les personnages principaux, dans les détails du lieu, de la géographie utilisée, dans l'identité de la menace et dans les réactions du personnage principale... Quoi qu'il en soit, je me suis bien amusé...




"L'échec de l'humanité"
in Lunatique n°73 - éditions Eons
novembre 2006
moyen format - 154 pages
couverture : Lohran
9,80€

Une nouvelle de science-fiction pure et dure cette fois, qui évoque la fin de notre terre et s'attache au destin de trois ultimes survivants ayant pour mission de perpétrer l'humanité au-delà de notre système. J'y ai utilisé un style extrêmement dépouillé pour me centrer sur les personnages, pour la première fois. Comme ça m'a bien plu, j'ai récidivé par la suite.
Au-delà du texte en lui-même, cette nouvelle possède une histoire assez importante à mes yeux. A la base, je l'avais écrite pour Xavier Mauméjean qui me demandait de lui envoyer un texte pour voir ce que je produisais. Le hic, c'est que je n'ai jamais réussi à lui envoyer, problème de mail mal noté si je me souviens bien, et donc une anecdote bien ridicule. Du coup, le texte est parti chez Fictions (qui ne tente rien n'a rien) et a été rapidement refusé par André-François Ruaud, lequel s'était fendu pour l'occasion d'une lettre manuscrite où il me précisait que je possédais un bon style et savais écrire. Enfin bref, lorsque je l'ai rencontré pour la première fois sur un festival, on a reparlé de style justement, par rapport à cet envoi et, quelques minutes plus tard, il me proposait "Les nombreuses vies de Conan". Du coup, j'ai révisé mon jugement d'alors concernant les festivals : faut y aller, on ne sait jamais ce qu'il peut s'y produire...



"A force d'imagination"
in Faeries n°19 - éditions Nestiveqnen
octobre 2005
moyen format - 160 pages
couverture : Didier Graffet
dessin illustrant  "A force d'imagination" : Emmanuel Bouley

9€

 

Mon premier texte court publié, une nouvelle de fantasy cette fois, qui suit le chassé-croisé de deux personnages antinomiques. L'un est un assassin qui a fait de la nuit et des bas-fonds son domaine privilégié, et l'autre un paladin qui fait régner la justice au grand jour. L'histoire début quand le premier est chargé d'assassiner le second et que ce dernier se met en tête d'emprisonner le malfrat.

Parallèlement, la chute et le titre renvoient à l'un des thèmes centraux de mes deux bouquins de SF ("Suleyman" et "L'emprise des rêves"), à savoir : dans quelles proportions l'imagination peut-elle se concrétiser dans le réel ?

Ce texte avait été nominé au premier tour du prix Merlin, en 2006 je crois, ce qui ne veut pas dire grand chose mais bon... A noter que j'avais également rédigé pour ce numéro le dossier consacré à Glen Cook, un auteur de fantasy relativement novateur dont j'avais adoré les trois premiers tomes du cycle de "La Compagnie Noire".

 

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