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15 octobre 2009 4 15 /10 /octobre /2009 11:35

Comme je suis en plein dans l'écriture du Tarzan - le récit de notre voyage, à Gwenn et moi, au Gabon - je me suis dit qu'il pouvait être intéressant d'évoquer ici cette facette  de l'écriture. Si le récit de voyage apparaît bien différent de la rédaction d'un roman, certains points le rejoignent et d'autres s'en écartent. Prenons tout ça dans l'ordre :

1). Préparatifs à l'écriture

Bien entendu, le récit de voyage commence... par un voyage. De fait, les divers étapes de préparation avant la rédaction du texte en deviennent fort différentes. Tout bêtement : il s'agit cette fois de raconter quelque chose que l'on a vécu, quelque chose donc qui revêt une simplicité redoutable tout en laissant peu de place à l'imagination. En conséquence, la prise de note et l'organisation du récit a lieu sur le terrain.
Quand nous sommes partis au Texas, pour le voyage qui allait donner lieu à "Conan le Texan", j'avais emporté avec moi un carnet tout simple (tout simple mais joli, avec une belle couverture en cuir pour se mettre dans l'ambiance). Chaque soir au début puis un peu moins régulièrement à la fin alors que nos journées se trouvaient de plus en plus arrosées, j'entreprenais de rédiger ce que j'imaginais être la version presque finale du texte. A l'époque, je pensais qu'il me suffirait d'y apporter quelques corrections pour que le tour soit joué. Mon désenchantement fut grand lorsque, de retour dans mes pénates, j'entrepris de retaper ce texte sur l'ordinateur. Je me suis rendu compte que l'urgence de l'écriture pendant le voyage (avec des plages de temps restreintes), l'ambiance euphorisante du trip, l'alcool ingéré et les lieux d'écriture (essayer d'écrire dans une tente lorsqu'il fait peu ou prou zéro degrés avec une lampe frontale pour toute lumière...) m'avaient amené à pondre quelque chose de très moyen pour ne pas dire bâclé. Du coup, j'ai finalement réécrit complètement mon texte, en me basant sur ce carnet pour l'enchaînement des événements et certaines ambiances plus fraîches qu'en me basant sur mes simples souvenirs.

En conséquance, lorsque nous sommes partis au Gabon sur la piste de Tarzan, j'ai décidé de changer de technique. J'ai repris le même carnet mais je me suis contenté de n'y consigner que les dates avec une liste des événements correspondants, leur intérêt et les sensations éprouvées. Tant qu'à tout réécrire par la suite, autant ne pas perdre de temps sur place.
En même temps, c'était différent au Gabon puisque je devais rédiger sur place les textes du blog fourni par Libération. Ceux-ci sont volontairement plus courts, dans un style plus argotique, afin de me laisser des cartouches pour la rédaction future du livre.

Il ya probablement encore d'autres façons de faire mais, en l'état actuel des choses, si vous vous lancez dans ce genre d'aventure, je vous conseillerai plus tôt la seconde.

2). Choix narratifs

La narration à la première personne et l'utilisation du présent peuvent sembler évidents dans le cadre d'un récit de voyage, mais il n'en demeure pas moins intéressant de réfléchir brièvement sur la raison de ces choix.
De mon point de vue, le but d'un récit de voyage est de plonger le lecteur dans notre expérience, de tenter de lui faire vivre l'aventure qui a été la nôtre comme s'il se trouvait à notre place. La narration à la première personne s'impose donc et un récit de voyage est un très bon exemple de l'effet que peu donner son utilisation dans un roman classique. Quant au choix du temps, il ne s'impose pas aussi clairement. on peut tout à fait écrire un récit de voyage au passé, comme un aventurier qui raconterait au coin du feu un périple antérieur. Personnellement, je l'ai choisie toujours dans cette optique de faire ressentir au lecteur l'aventure comme s'il y était. L'utilisation du présent permet de communiquer un sentiment artificiel d'instantané. Elle renforce l'impression d'immersion du lecteur, l'impression de vivre les événements qu'il lit, amenant des questionnements du genre "mais que va-t-il se passer demain ?", comme s'il y était. Il est évident que, si on tient un livre fini entre nos mains, c'est que l'auteur a survécu pour le raconter, mais il n'empêche que l'utilisation du passé renforce cette évidence alors que celle du présent va contribuer à cette sorte de mirage narratif. Tout bêtement, le lecteur peut envisager l'hypothèse que le texte soit un carnet de bord retrouvé, dont la fin n'est pas connue, comme pour "Into the Wild" par exemple.
C'est dans un but similaire que j'ai opté pour une narration constituée de phrases courtes et évitant de s'attarder sur de trop longues plages descriptives (outre l'ambiance, les photos sont là pour cela...). Utiliser des phrases courtes permets d'accélérer le récit et m'a été utile pour tenter de transcrire le côté échevelé du périple texan, un voyage sans temps morts, où les rencontres, découvertes et changements de lieux s'effectuaient de manière journalière.

3). Choix structurel

De ma courte expérience, je vois deux façons d'organiser un récit de voyage. La première consiste àle raconter au jour le jour, comme je l'ai fait pour "Conan le Texan" ou pour le blog au Gabon. Ca paraît évident et cela confère l'avantage d'une histoire avec un début et une fin. Pour le voyage au Texas, cela a plutôt bien fonctionné à cause de la vélocité du périple : on bougeait tous les jours, parcourant parfois jusqu'à 800km en une journée, les événements et les rencontres s'enchaînaient à une vitesse diabolique, donnant au final un récit où on n'a presque pas eu l'occasion de reprendre notre souffle. Pour le Gabon, l'expérience a été inverse. Par la lenteur des transports (on a parcouru deux fois moins de distance en deux fois plus de temps), on s'est retrouvé avec de longs passages d'attente, des immobilisations récurrentes et, au final, des temps morts dans le récit. C'est pourquoi j'ai eu l'idée de segmenter ce texte en parties thématiques n'ayant pas ou peu de logique temporelle entre elles. Cela me permet de me concentrer sur les événements forts tout en omettant les moments où l'action retombe. Avec l'accumulation des détails et des références, je pense que le lecteur doit être rapidement capable de reconstituer l'ordre du voyage, en tous cas je l'espère...

4). L'écriture

Si lire un récit de voyage est quelque chose d'assez palpitant (j'ai adoré la trilogie autobiographique de Cizia Zyke par exemple, ou encore les romans de Kerouac), l'écrire est une corvée, pour moi en tous cas.
Explications. Lorsqu'on rédige un roman, l'histoire prend forme sous nos yeux. on se situe dans la création pure et, personnellement, je ne sais jamais précisément quelles vont être les inclinaisons futures de l'histoire à l'exception de son dénouement. A contrario, dans le cadre d'un récit de voyage, on ne fait que relater des événements ayant déjà eu lieu, dont on connaît tous les tenants et aboutissants. Du coup, la création disparaît au profit de la narration d'une période déjà écrite de notre vie. Et c'est super chiant.

Voilà brièvement ce que je peux dire de cet exercice à l'heure actuelle. Peut-être changerai-je d'avis lors de prochains voyages car Gwenn et moi n'avons pas encore dit notre dernier mot. Quoi qu'il en soit, si l'aventure vous tente et que vous vouliez franchir le pas en alliant l'écriture au voyage, vous trouverez peut-être là-dedans quelques pistes pour vous aider à concrétiser la chose.

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Published by Simon Sanahujas - dans (mes) techniques d'écriture
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