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26 avril 2010 1 26 /04 /avril /2010 10:47

J'ignore si le terme "chapitrage" est usité de la manière dont je l'entends et, à vrai dire, je m'en moque. Le fait demeure que, lorsque je travaille sur un roman, j'utilise un dossier nommé ainsi, dans lequel je vais détailler mes chapitres de manière plus précise que dans le synopsis, et ce juste avant la phase d'écriture.

 

Nous y sommes donc : dernière ligne droite.

 

 

1. Organisation pratique

 

Au commencement, sur mon synopsis, le chapitre est explicité de manière simpliste, du genre "machin rencontre bidule et il se passe ça".

 

Ma première étape est de reprendre mon dossier "idées" et de le relire dans son entier (exceptées les idées déjà utilisées, j'y reviendrai). Dans le dossier "chapitrage", je note à côté du chapitre en question les numéros des idées que je vais utiliser dans cette scène (une phrase de dialogue, un concept, une explication, une idée d'ambiance etc.). Parallèlement, j'entoure ces idées dans le dossier consacré et, lors de la consultation suivante, je barrerai celles qui auront réellement été utilisées (parfois, je prévoie de caser une idée et, dans la phase d'écriture, je ne trouve finalement pas à l'utiliser ou alors je ne l'utilise qu'en partie).

 

Cocher ces idées au fur et à mesure permet tout simplement de savoir où on en est. Je n'avais pas agi de cette manière lors de la rédaction de mon premier roman - "Suleyman" - et, durant l'écriture, je passais un temps fou à relire mon manuscrit en me disant " Merde, j'ai pas déjà dit ça quelque part ? ".

 

Une fois que j'ai déterminé quelles idées allaient intervenir dans la scène, je les relie pour m'en imprégner tout en réfléchissant à leur utilisation dans les événements décrits. Suite à cela, j'écris un court résumé façon script. J'y note de quelle manière je vais ouvrir le chapitre, ce qu'il va s'y passer et comment je vais le finir. 

 

Chapitrage-002

 

 

2. Rythme

 

J'ai l'habitude de dire qu'un roman est constitué d'une succession de scènes qui doivent être peu ou prou construites comme des nouvelles indépendantes (ouverture, développement et conclusion).

 

Ca n'est pas faux, mais pas complètement vrai non plus. En effet, un roman écrit de cette façon pourrait présenter un problème au niveau du fil directeur, des liens entre ces scènes etc. C'est pourquoi, lorsque je m'attaque au chapitrage, j'attaque de concert au moins trois chapitres, voire plus si la suite de mon synopsis m'apparaît de manière claire.

 

Travailler non pas sur une scène mais sur une succession de scènes permet de prendre du recul et de préparer quelque chose de cohérent, des chapitres qui se trouveront liés dans la trame du texte d'une façon plus logique et plus efficace. De cette manière, mon regard ne se porte pas sur une scène précise mais sur une partie du roman final, et la réflection pré-rédactionnelle se fait sur une articulation narrative à mi chemin entre la scène et le roman dans son entier.

 

 

3. Outils annexes

 

Lorsque j'écris le résumé qui servira à la rédaction d'un chapitre, je réfléchie également au procédé narratif que je vais utiliser (mise en valeur de tel personnage, dialogue alterné avec les réflections ou le ressentie de tel personnage, s'il s'agit d'une scène d'action je réfléchie à la manière dont je vais naviguer dedans etc.).  De la même manière, je vais cogiter à la composition de la scène : quelle perspective et pourquoi, quels effets et pourquoi etc.

 

Durant cette phase, je sais que de nombreux écrivains préparent un champ lexical des termes qui vont être employés. Cela permet d'établir une ambiance. Je ne le fais pas mais je devrais peut-être, en tous cas je trouve l'idée intéressante...

 

 

4. De l'abus du cliffhanger

 

Le cliffhanger est un procédé narratif que l'on pourrait qualifié d'accroche, une manière de construire son texte qui pousse le lecteur à en poursuivre la lecture. Basiquement, il s'agit d'une révélation donnée à la fin d'un chapitre censée inciter le lecteur à poursuivre au lieu de reposer le bouquin. Cela peut aussi être le fait d'arrêter un chapitre au moment d'une révélation attendue.

 

Un exemple tout bête : deux personnages séparés depuis le début du roman se retrouvent au milieu de celui-ci. Ils ont des tas de choses à se dire, des informations à échanger ou des tensions relationnelles à régler.  Pour appliquer le procédé du cliffhanger à ces retrouvailles, l'écrivain va finir son chapitre sur le moment où les deux personnages se retrouvent en présence l'un de l'autre, reportant à plus tard la discussion (ou autre) qui aura nécessairement lieu.

 

Sans passer par la provocation d'un sentiment de frustration chez le lecteur, cela peut aussi être une révélation étonnante, dont la plupart des détails sont données, qui amènera le lecteur à se dire "Excellent, vite, il faut que je lise la suite !" Dans Spin (ma plus agréable lecture de l'année), Robert Charles Wilson agit de cette manière presque systématiquement.

 

Enfin, l'effet du cliffhanger peut être savamment amplifié si vous utilisez des lignes narratives multiples. Par exemple, votre roman alterne des chapitres consacrés à deux personnages séparés. Dans ce cas, le cliffhanger sera d'autant plus efficace que sa résolution se trouvera repoussée par la lecture du chapitre suivant, consacré à l'autre personnage. Cela peut même être très pratique pour faire passer la pilule d'un chapitre utile mais moins trépidant, dont les faiblesses seront effacées par le fait que le lecteur aura en tête les questionnements liés à la résolution du cliffhanger du chapitre précédent.

 

Vous l'aurez compris, un bon cliffhanger est quelque chose de fort appréciable pour ce qui est de bâtir un événementiel narratif accrocheur. Mais il recèle aussi un danger, celui d'y recourir systématiquement et de lasser le lecteur. En effet, si Robert Chales Wilson l'utilise énormément, il a aussi pour lui l'avantage de proposerr dans Spin, une succession de révélations proprement stupéfiantes. Par contre, faire du cliffhanger pour du cliffhanger en ne disposant pas d'une révélation à la hauteur des attentes du lecteur provoquera, à la longue, un effet de lassitude et un désarmement des effets de surprise.

 

Remarque : Un bon cliffhanger ne se prépare pas forcément. Il m'arrive qu'il s'impose à moi de manière relativement surprenante. Parfois, lorsque j'entame la rédaction d'un chapitre, je parviens à un pic avant d'avoir achevé la scène que je voulais rédiger et je me rends compte d'un coup qu'elle doit s'arrêter à cet endroit précis. D'où l'utilité pour moi de ne pas procéder à un chapitrage total du roman, mais d'y travailler par morceaux, pour adapter la suite aux aléas d'une rédaction qui suit fort rarement de manière précise la ligne qu'on lui a imaginée.

 

 

5. Conclusion

 

L'organisation interne des scènes, ainsi que leur organisation entre elles, est à mon sens la clef d'une construction réussie. En tous cas j'y consacre volontiers beaucoup de mon temps de travail. Comme à chaque fois, on pourrait discourir sur le sujet en long et en large. Aussi, si vous désirez que nous développions ensembles l'un ou l'autre de ces points, n'hésitez pas à recourir aux commentaires.

 

Bonne écriture !

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Published by Simon Sanahujas - dans (mes) techniques d'écriture
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commentaires

Sanahu 01/06/2010 10:17


Salut Antoine,

Merci pour ton commentaire : ça me fait très plaisir d'apprendre que ce que je baragouine ici puisse se révèler utile ou intéresser...

Bonne continuation,


Antoine Chalet 28/05/2010 16:43


Salut Simon,

j'étais venu sur ton blog suite à ton passage sur Le Palais des Déviants, où je t'avais trouvé très intéressant. Ton blog, et notamment tes conseils d'écriture, est très bien fait. J'en ai suivi un
: l'écriture au stylo. Il est vrai que ça prend plus de temps que d'écrire directement à l'ordi, mais ça permet aussi de mieux organiser ses pensées quand on retranscrit ces écrits.
J'ai bien aimé ton dernier post, et notamment l'exemple que tu prends car SPIN est un livre que j'ai beaucoup aimé...
Bonne continuation et encore une fois merci pour tes conseils d'écriture.

A.C. de Haenne


travis 05/05/2010 13:30


si si très bien répondu, je comprends bien le fonctionnement. Merci


Simon Sanahujas 05/05/2010 10:26


Salut Travis,

Habituellement je travaille plutôt de manière chronologique.
Il m'est arrivé il y a longtemps d'écrire des chapitres qui se passaient plutôt vers la fin du texte au début de la rédaction, tout simplement parce qu'il s'agissait de scènes que j'avais très
envie d'écrire. Je ne le conseille pas pour plusieurs raisons. La première c'est qu'un chapitre imaginé au début de la rédaction sera amené à se trouver modifié par le fil de cette même rédaction.
Souvent des éléments viennent s'ajouter que l'on avait pas prévu et, du coup, le chapitre pré-écrit doit être lourdement modifié. Seconde raison, on a toujours dans un texte des scènes que l'on a
plus envie d'écrire que d'autres (enfin c'est mon cas) et, si on écrit toutes les scènes qui nous intéressent au début, on se retrouve à devoir aligner les scènes "chiantes" sur la fin. Très bof
pour le moral et la motivation à mon avis.
Sinon, comme je travaille de plus en plus avec des lignes de narration multiples, il m'arrive souvent de déplacer des chapitres après écriture. Basiquement j'écris de manière chronologique
puis,avec le recul de la lecture, je me rends compte que la structure du texte gagnerait à ce que telle scène arrive plus tôt, plus tard, ou juste après/avant une autre. Donc il m'arrive très
souvent de jongler avec les chapitres après coup.
En ce moment, je travaille sur un bouquin qui alterne flash-backs et histoire présente. Pour me simplifier la tâche, j'ai choisi d'écrire le tout dans un ordre chronologique (flash-backs puis
l'histoire en elle-même), ce qui m'amènera à la fin à devoir effectuer une sorte de tambouille avec tout ce matériel, activité que j'adore cela dit en passant.
Je ne sais pas si j'ai bien répondu à ta question mais, une chose est sûre : je ne me sens pas du tout prisonnier de mon synopsis. Je suis libre à tout moment de le modifier si cela me semble
judicieux.


travis 04/05/2010 16:24


Salut Simon,

Est ce que tu écris tous les chapitres dans l'ordre chronologique ou bien est ce qu'il t'arrive d'avoir une idée de chapitre sans trop savoir ou tu va l'insérer, et tu l'écris dans son
intégralité?
Ou bien est ce que ton plan de départ « sécurise » l'écriture et ne te laisse pas trop de champ pour l'improvisation.
Je ne sais pas si je suis très clair?

En tout cas merci pour tes posts toujours très intéressant.