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31 décembre 2014 3 31 /12 /décembre /2014 09:48

 Ici et  , j'ai joué le jeu de la transparence pour divulguer les données brutes de la rémunération liée à l'activité d'écrivain, et ce du point de vue de ma propre expérience.

 

L'idée était - et est toujours - de brosser un portrait concret de ce type d'activité, dont la réalité est régulièrement biaisée par les exemples faramineux issus de certains écrivains au succès tout à fait exceptionnel.

 

Bref :

 

4 975€ : revenus issus de l'écriture sur l'année 2014.

 

Petite nouveauté cette année : je fête mes dix ans de romancier "professionnel" (période qui de mon point de vue débute avec la publication de "Suleyman", mon premier roman) et je peux donc vous dire que :

 

38 249€ : revenus issus d'une décennie d'écriture.

 

Il y a 10 ans, je rêvais de pouvoir vivre de l'écriture, de pouvoir y consacrer mes journées entières, de ne rien faire d'autre, bref : d'en faire mon métier principal.

 

Ce n'est plus le cas... mais cela n'est pas du tout lié au constat de ces faibles revenus.

 

Cette année, j'ai eu l'occasion de discuter avec plusieurs écrivains dont c'est l'activité principale. En échangeant sur nos expériences, je me suis rendu compte que la plupart se retrouvaient relativement frustrés dans leurs choix d'écriture. Avec la nécessité de faire rentrer de l'argent de manière régulière, la plupart d'entre eux se retrouvent à consacrer la majorité de leur temps à des projets qui ne les enthousiasment pas plus que cela (littérature jeunesse, nègre littéraire, scénarios, interventions en médiathèque ou en milieu scolaire, etc.). L'un d'eux ma même confié avoir plusieurs projets qu'il désirait fortement écrire mais qu'il repoussait sans cesse car moins intéressant financièrement. De fil en aiguille, je me suis rendu compte que je possédais un luxe qui leur échappait : pouvoir écrire ce que je veux quand je le veux.

 

Alors certes je suis toujours un peu frustré par le manque de temps que je peux consacrer à l'écriture, par les idées qui s'accumulent et qui traînent, mais j'en suis finalement plutôt satisfait. Avec ce boulot qui bouffe mes semaines mais remplit mon frigo, je peux écrire au gré des envies qui me viennent sans avoir à négocier avec les aspects financiers de la chose. Un exemple entre mille : aujourd'hui je me permets d'écrire un bouquin dans un genre radicalement différent des précédents. Je l'écris sans éditeur, juste parce que j'ai l'envie/besoin de le faire ; peut-être restera-t-il dans ses cartons, peut-être sera-t-il publié, peut-être me rapportera-t-il 500 balles, peut-être 10 000, ma chance est de pouvoir m'en foutre.

 

En conséquence, si un jour se présente à moi l'opportunité de ne faire qu'écrire, je crois bien que je la refuserai, tout simplement pour conserver intacte ma liberté de créer.

 

Bon allez, avouons-le : je ne cracherais pas sur un petit mi-temps pour gagner du temps...

 

Des bises et une belle fin d'année 2014 !

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Published by Simon Sanahujas - dans Billets d'humeur
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