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21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 12:52
De mon humble avis (comme d'habitude : ça ne concerne que moi et ça n'est pas forcément la meilleure vision des choses, mais vous savez à quoi vous en tenir désormais...), le travail d'un roman se découpe en quatre parties principales. J'ai évoqué l'organisation des idées, la création des personnages, et juste avant l'étape de la rédaction à proprement parler, il nous reste l'élaboration du synopsis.

Deux petites précisions avant de rentrer dans le vif du sujet. A ces quatre pôles peuvent venir s'ajouter d'autres, plus facultatifs à mon sens, je pense notamment à la construction du monde dans le cas d'un récit prenant place dans un univers imaginaire, la mise au point d'un champ sémantique particulier etc. Enfin, et j'y reviendrai ultérieurement (certainement dans un autre article), je ne vois pas véritablement d'ordre imposé à ces quatre points, si ce n'est que commencer par la rédaction ne me semble  pas forcément être la meilleure idée qui soit.

1.) La forme du synopsis

Grand fan de Robert E. Howard, j'ai eu l'occasion d'étudier pas mal de ses synopsis et découvert par la même occasion des textes très littéraires, de l'ordre du résumé de l'action comme on pourrait en fournir dans une chronique de livre ou de film. Visiblement, pas mal d'écrivains fonctionnent de cette manière et il s'agit donc probablement d'une bonne méthode, ou en tous cas d'une méthode qui fonctionne chez ces gens là.

Avec moi ça ne marche pas.

Je ne vois pas l'intérêt de faire de la littérature lorsqu'on travaille à un synopsis, en tous cas pas dans un premier temps. Au contraire même, je trouve qu'on y perd en clarté et que cela peut nuire à l'organisation des idées. Bref, pour moi, rien de tel que quelques mots synthétiques, des flèches voire même des schémas. A ce moment précis de son travail, l'auteur se situe dans la peau d'un architecte qui lance les prémices de son bâtiments. En tant que tel, il ne va pas s'amuser à évoquer la couleur des plaintes ou les éventuelles moulures des linteaux. En allant à la simplicité, à la clarté, on gagne une rigueur qui est à mon sens bénéfique. Il me paraît en effet fondamental de bien séparer les deux éléments complètement antinomiques que sont un synopsis et une histoire rédigée, et le fait de les opposer dans la forme fonctionne très bien... pour moi.

2). Premier synopsis


Systématiquement, mon premier synopsi tiens sur une feuille A4, écrit gros. J'y schématise les grandes lignes du roman : l'entrée en matière (la ou les scène(s) d'ouverture quoi), les moments les plus importants du récit (ceux qui vont en faire basculer la trame) et le dénouement. Pour "L'emprise des rêves", ça ressemblait à ça :



3). Développements du synopsi de base :

Pour reprendre l'exemple de Robert Howard, le Texan avait l'habitude, à ce moment, de se lancer directement dans la rédaction d'un premier jet. Il l'arrêtait à peu près à la moitié de l'histoire, et poursuivait en un nouveau synopsis relatant la fin de son texte. Ensuite il retravaillait son premier jet avant d'écrire la suite. Parfois, l'histoire lui échappait et le texte s'arrêtait à mi-chemin... Je ne fais toujours pas comme ça mais ça peut vous donner des idées.

Bref, une fois établi ce premier synopsis, je le reprends en l'approfondissant. Je réfléchie à l'enchaînement des actions qui vont naturellement relier les points cruciaux dont je parlais tout à l'heure. Au bout de deux ou trois refontes, je parviens à un synopsis assez détaillé, tout du moins en ce qui concerne l'enchaînement des actions jusqu'à la moitié du texte.

4). Passage à l'acte :

A ce stade, je n'en peux plus et je décide généralement de me lancer dans l'écriture. Je crois que j'ai alors besoin de passer au concret du rédactionnel pour avoir l'impression d'avancer. Je passe donc à ce que j'appelle le chapitrage. Il s'agit d'une étape dans laquelle j'entreprends le découpage proprement dit du texte. J'organise mes premiers chapitres en stipulant les points qui doivent y être abordés. J'agis ainsi sur une demi-douzaine de chapitres, j'enchaîne sur un synopsis un peu plus détaillé et je me lance.

Pour reprendre l'exemple de tout à l'heure, ça donnait ça :



Note : là ça commence au chapitre 6, je devais déjà avoir écrit le début.

5). Développements rédactionnels :

Commencer l'écriture me permet aussi de mieux visualiser mon histoire. En mettant en scène les personnages et leurs premières actions, de nouvelles péripéties s'imposent à moi, ainsi que des développements de l'intrigue que je n'avais pas du tout prévu à l'origine (et, je pense, que je n'aurais pas pu prévoir sans me lancer dans le rédactionnel).

Dès lors, lorsque je parviens aux derniers chapitres détaillés dans ce synopsis, j'en rédige un autre. De fil en aiguille j'obtiens un synopsis qui développe l'histoire dans son entier. Cela se produit généralement aux deux tiers voire trois quarts du bouquin.

Juste pour dire, je vous mets le dernier de ces synopsis pour "L'emprise des rêves" :


Conclusion :

Une remarque avant de finir : ce chapitrage ne me suffit pas à me lancer dans la rédaction. Je le développe dans un truc que j'appelle "chapitrage détaillé", j'en reparlerai un de ces quatre...

Pour ma part, je suis incapable de travailler correctement sans ces synopsis. Les textes que j'ai écrit au début, dans lesquels je me lançais sans réfléchir, ben ils sont dans des cartons et n'en sortiront pas. Quant au mythe de l'écrivain touché par la grâce, qui se plante devant sa machine à écrire et pond le chef d'oeuvre du siècle sans réfléchir, je n'y crois pas trop. Si vous prenez  Kérouac avec "Sur la route" par exemple, ça n'a tout simplement rien à voir. Certes il écrit son roman en trois jours mais il s'agit d'un récit de voyage dans lequel il raconte sa vie et pour lequel il possède tout un tas de carnets...  Nous sommes donc face à quelque chose de préparé en amont.

En fait, il me paraît tout simplement impossible de pondre un texte dont chaque rebondissement, chaque péripétie, chaque information trouve sa place juste dans l'événementiel narratif sans que tout cela ait été mûrement réfléchi au préalable. Je me trompe peut-être. A vous de juger.

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Published by Simon Sanahujas - dans (mes) techniques d'écriture
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commentaires

david 21/02/2012 15:56

Tout a fait.
Merci bcp.
Bonne continuation !

Sanahu 21/02/2012 09:46

Ok, je comprends un peu mieux :-).

Pour commencer, quand tu évoques deux types différents d'écrivain, tu parles du "structurel" (celui qui planifie tout) et du "scriptural" (celui qui part à l'aveuglette et qui se laisse porté par
le récit). Il est important de savoir à quel type on appartient pour une bonne raison : il est souvent bon pour le structurel d'ajouter une petite dose de scriptural dans son travail et
inversement...

Concernant le coeur de ta question, de ma propre expérience, je dirais que j'ai eu plusieurs révélations. La première concerne le point de vue. J'ai écrit pendant des années sans savoir de quoi il
s'agissait et en travaillant à l'instinct. Parfois ça marchait, d'autres fois j'ai fait des erreurs de point de vue. En outre, connaître les différents points de vue m'a par la suite permis de les
choisir afin qu'ils correspondent au mieux au texte que je voulais écrire. La seconde concerne les différents temps de narration, avec les mêmes découvertes et les mêmes intérêts. Il y a encore
d'autres choses mais ce sont vraiment ces deux points, lorsque je les ai compris, qui ont en quelque sorte illuminé sous un jour nouveau ma manière d'écrire.

J'espère avoir bien répondu à ta question...

david 20/02/2012 10:18

Ok je recommence ;)

Certains écrivains vont apprendre, par exemple, qu'ils ont besoin de faire un plan détaillé pour avancer. D'autres vont comprendre, qu'en fait, avancer a l'aveuglette leur convient bien : cet
apprentissage là est personnel. Chacun voit midi a sa porte.
D'autres apprentissages sont communs à tous les écrivains. Quels sont, parmi ceux là, les apprentissages qui te semblent important ?

Mais ma question n'a peut être aucun sens : l'écriture d'un roman n'est peut être soumis a aucunes règles générales.

J'ai bien mon idée la dessus puisque j'écris aussi un peu (je débute un roman) mais j'aimerais avoir ton avis.

@ +
Re bonne journée :)

Sanahu 20/02/2012 09:45

Euh... Je veux bien répondre à tes questions mais celle-là je ne la comprends pas bien :-).

david 20/02/2012 09:33

Bonjour Sana,
et merci pour ta réponse.

Une dernière question et, promis, j'arrête ^^.

Il y a dans l'apprentissage de nos expériences d'écriture romanesque des leçons personnelles et d'autres plus générales.
Quelles seraient les leçons générales à retenir ?

Bonne journée.