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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 12:22

L'année dernière, vers la même époque, j'avais publié ici-même  un article qui montrait à quel point écrire des bouquins rapportait un maximum de fric. Au-delà de me faire des envieux par milliers, cet effrayant constat pécunier avait attiré l'oeil de pas mal d'internautes (je crois qu'il s'agit de mon article le plus visité d'ailleurs, no comment...), aussi je me suis dit qu'il serait intéressant de récidiver.

 

Allons-y donc, dans la joie et la bonne humeur, pour un petit bilan financier de mon activité d'écrivain au cours de l'année 2012. Pour enfoncer le clou, une petite affirmation gratuite qui, à défaut de remplir mon compte en banque, a l'intérêt de m'apporter un peu de baume au coeur : je ne ne me considère plus vraiment comme un "petit" écrivain ou encore un écrivain "débutant". En effet, 2012 a vu la publication de mes 7ème et 8ème bouquins, ça commence à en faire au compteur, donc.

 

Roulement de tambour...

 

Patatra : 8583,95€

 

Eh oui.

 

Et je tiens à préciser qu'il s'agissait d'une année - tout du moins en ce qui concerne les revenus littéraires, parce que le reste, bof... - tout à fait exceptionnelle.

 

Ah je les vois se décomposer d'ici, ceux qui se disaient - les naïfs - : "Eh tiens, pour contrebalancer la crise, je pourrais écrire un bouquin et me faire des sous." Et avec pas un mais huit bouquins dans le tiroir, presque tous avec des tirages sympa, une bonne représentation en librairie et des contrats à compte d'éditeur ! Quant à ceux qui connaissent en partie les réalités du terrible monde du livre, peut-être se disent-ils que ce n'est pas si mal ? Mais bon, quand même, ces huit mille et quelques brouzouffes, ça n'atteint même pas un smic... Comment vivre de sa passion dans ces conditions ?

 

Avant d'expliquer tout ça dans le détail (d'autres surprises arrivent...), faisons ce petit calcul toujours aussi amusant que déprimant, celui du salaire horaire ! D'habitude, je bosse environ 25h par semaine sur mes bouquins, à quoi il faut ajouter cette année les quatre mois de congés sans solde qui m'ont permis de bosser 60 heures par semaine, et de partir en Roumanie et en Angleterre sur les traces de ce cher Dracula.

 

Je vous épargne les détails du calcul, on arrive à l'astronomique somme de 4,82€ de l'heure net !

 

Cela exposé dans un enthousiasme des plus joyeux, voyons comment se répartit cette somme :

 

Reims-20130105-00283.jpg* Droits d'auteur purs : 900€

 

C'est toujours là que le bât blesse, de mon point de vue en tout cas. Par "droits d'auteurs purs", j'entends les revenus qui proviennent exclusivement de la vente de livres. Si cette somme dérisoire vous étonne, n'hésitez pas à aller jeter un oeil ici, où j'explique où va l'argent issu de la vente d'un livre en librairie et où, mais aujourd'hui j'y suis habitué, on s'aperçoit que l'auteur - la personne à l'origine du produit, donc - est celui qui récolte la plus petite part du gâteau. Si vous cherchez à expliquer ce chiffre en vous disant que le Sanahu signe des contrats à la con, j'ajouterai juste cette précision : tous les contrats que j'ai signé prévoient une marge de droits d'auteur qui s'étend de 7 à 9% ; nous sommes donc tout à fait dans la moyenne.

 

Conclusion, si je ne faisais qu'écrire des livres (travail qui occupe tout de même un bon 75% de mon activité littéraire, eh bien je ne gagnerais pas même un millier d'Euros à l'année. Ça laisse rêveur, hein ?

 

Note à l'attention des internautes qui arrivent ici en tapant "combien rapporte un roman" (et y'en a un paquet, j'ai les stats...) :

 

Il vous suffit de diviser ce chiffre par sept pour avoir la réponse à votre question (l'un de mes deux derniers bouquins parus ne m'ayant pas encore rapporté l'ombre d'un centime, rapport aux droits réglés la plupart du temps l'année suivante). Et joyeux Noël !

 

* Droits d'auteur dérivés : 2200€

 

Ici, l'intitulé peut porter à confusion mais, comme vous l'aurez certainement deviné, il ne s'agit pas des droits d'auteur issus de la vente de jouets tirés de mes bouquins, of course ! En fait, je réunie sous cette appellation tout un tas de travaux qui sont rémunérés en droits d'auteur par simplicité administrative. Cette année, il s'agissait de quelques piges, de rencontres avec des scolaires et d'un atelier d'écriture.

 

* Bonus 2012 à caractère totalement exceptionnel : 5500€

 

Ça, c'est quelque chose qui m'est tombé dessus par presque hasard (si l'on excepte le boulot passé en amont sans réelle espérance de gagner un kopec). Cela pourra se reproduire, mais on rentre dans un milieu tellement complexe et aléatoire que mon pragmatisme habituel me pousse à ne pas compter dessus, même si je fais tout pour poursuivre dans cette voie, soyez-en sûrs... Bref, il s'est agi du rachat des droits d'adaptation audio-visuels d'un de mes bouquins, complété par la commande d'un scénario. Rien n'a vu le jour pour l'instant, mais j'ai été payé, c'est la magie de ce milieu là...

 

Conclusion :

 

Elle ne diffère pas de celle de l'année précédente : les bouquins - hors grosse vente - ça ne rapporte rien.

 

Mais comme je suis passionné et un brin rêveur, eh bien je continue !

 

En vous souhaitant plein de choses belles et bonnes pour cette nouvelle année 2013!

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Published by Simon Sanahujas - dans Billets d'humeur
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commentaires

Marlis 28/09/2015 08:07

Faire une SCOP d'écrivains qui publie et vend directement. Comme les agriculteurs: vente directe et à la demande. Il faut un très bon site web bien référencé et bien animé et une bonne protection p.ex. via France copyright.

Simon Sanahujas 19/10/2014 16:35

Pour publier un roman, il faut du courage et de la patience, en grande quantité. Par exemple, mon 1er roman s'est baladé sur les bureaux de différents éditeurs pendant quatre ans avant de trouver
preneur... Il faut savoir attendre, travailler et surtout, ne pas hésiter à retravailler les textes, encore et encore.
Bon courage !

MARINA ORDAX 19/10/2014 10:24

Merci pour cette transparence. J'en suis à mon deuxième roman auto édité (le 2è sort le mois prochain) et je suis en cours d'écriture d'un troisième. Je n'arrive pas à trouver d'éditeur.
Auriez-vous des conseils à me donner ? Pour vous par exemple, comment avez-vous pour vos premiers romans ? La plupart des maisons d'éditions notent carrément sur leur site "ne plus envoyer de
manuscrits jusqu'à nouvel ordre" tant ils sont surchargés...merci

Tom Khefif 18/01/2013 18:08

Oui, être passionné mais à quel prix ?
Car c'est bien beau de dire qu'il faut être passionné blablabla... Mais c'est une mauvaise chose, car en étant passionné, les écrivains ont laissé le système les écraser et faire baisser leur
pourcentage de rémunération petit à petit.
Maintenant, on voit bien qu'il ne faut pas vouloir gagner de l'argent en écrivant, mais pourquoi ? Par ce que d'autres se gavent sur le dos des écrivains...
Donc, dire aux gens qu'il vaut mieux être passionné pour écrire que vouloir gagner de l'argent est pour moi une erreur.
Il faut leurs dires qu'un écrivain ne gagne pas d'argent par ce que blablabla... (ce qui est très bien fait sur ce site d'ailleurs :D)
Malheureusement, je doute fort que ça change un jour. Comment empêcher les vendeur de prendre une part si grande ?

Je terminerais en faisant le parallèle avec l'informatique, qui est mon domaine de travail.
Dans le développement de jeux-vidéos, les salaires sont très inférieur aux autres domaine informatique.
Et cela a une raison, les gens qui veulent travailler dans les jeux-vidéos sont passionnés donc les boites peuvent se permettre de baisser les salaires en leurs disant, si vous voulez continuer à
travailler pour nous accepter nos conditions.

Cependant, j'aime bien vos articles sur le salaire d'un écrivain moyen, ça permet de mieux appréhender le monde du livre. :)

Nadège 09/01/2013 20:50

Quoi, personne n'a écrit un petit mot?!
J'adore cet article!
Et dire qu'il y en a qui rêve de devenir millionnaire à la JK Rolling... mouarf mouarf mouarf
Vaut mieux être passionné pour écrire, je suis bien d'accord avec toi ;-)