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22 juillet 2009 3 22 /07 /juillet /2009 00:00

Parmi les choses fondamentales qui nécessitent d'être déterminées avant de commencer la rédaction d'un texte se trouve le point de vue. Il y a aussi le choix du temps de narration mais ça, j'en parlerai un autre jour. Pour faire simple, le point de vue établit le positionnement du narrateur, ce qu'il sait et donc ce qu'il peut communiquer au lecteur.
Il en existe plusieurs types mais cette fois, contrairement aux descriptions, je ne vous parlerai pas de celui que je préfère ni même de celui qui pourrait être meilleur. Le choix du point de vue va servir la narration et doit s'adapter au mieux au texte. Ainsi, il n'y a pas de meilleur point de vue de manière générale, seulement un point de vue plus judicieux en fonction du texte et de son idée directrice.

1. ) La narration à la première personne.

Le narrateur est le personnage principal du récit. Les conséquences directes sont :

=> La narration à la première personne, le "je" donc.
=> La possibilité de transcrire les pensées et les états d'âme du personnage principal.
=> L'impossibilité de communiquer les pensées des autres personnages, au-delà de ce que le personnage peut déduire de leurs expressions ou de sa propre connaissances de ces personnages.
=> L'impossibilité de montrer les actions des personnages secondaires en l'absence du "héros".

L'intérêt de ce type de point de vue va concerner des histoires où le personnage principal se trouve au coeur du récit. Son utilisation pourra se révéler judicieuse si l'auteur désire montrer au plus près son évolution psychologique en fonction des événements etc...
Le défaut, c'est que toute l'action du roman doit se dérouler autour de ce personnage principal. Comme c'est lui qui raconte l'histoire, le lecteur ne saura rien d'autres des événements annexes, il ne fera que suivre ses pas. Impossibilité donc de montrer les sombres plans ourdis par les méchants lors d'un petit interlude, ni les évolutions annexes de l'histoire.
Ceci étant, la narration à la première personne demeure extrêmement répandue, notamment en mainstream et en polar (quoi de mieux que de se glisser dans la peau d'un enquêteur, ne sachant que ce qu'il sait etc. ?). C'est également celui que l'on conseille souvent aux auteurs débutants. En effet : l'auteur n'a pas a gérer d'histoire complexe : il se concentre sur ce qui se produit autour du "héros". Enfin, en se mettant à la place du personnage, la narration devient très instinctive et beaucoup plus facile à réaliser.
En même temps, il ne s'agit pas d'une règle pour l'auteur débutant. Personnellement, j'ai commencé avec des autres points de vue et puis je suis revenu à celui-là pour des textes plus particuliers, qui nécessitaient ce point de vue pour servir le punch de l'histoire.

2. ) Le narrateur omniscient.

Dans ce cas, l'auteur sait tout. Il observe le déroulement de l'histoire en en connaissant chaque tenant et chaque aboutissant, et jusqu'à la moindre pensée du plus secondaire des personnages.  Du coup :

=> Emploi (presque) constant de la troisième personne.
=> Possibilité de suivre des actions situées dans des lieux différents avec des protagonistes différents.
=> Choix d'informer le lecteur ou pas des pensées de tous ou de certains des personnages.

L'utilisation du narrateur omniscient va proposer souvent des récits un peu moins intimistes, de par la vision globale qu'il donnera de l'histoire.  Il sera le point de vue à privilégier si vous voulez vous lancer dans une vaste fresque où différents personnages suivent des voies séparées et se croisent au fil du texte. Notez enfin que, si le narrateur omniscient connaît à priori tous les détails possibles de vos personnages et de votre intrigue, il n'est pas obligé de les communiquer au lecteur dans leur totalité. Les agissements des méchants peuvent rester dans l'ombre ou pas, les choix qui s'offrent avec ce point de vue sont multiples et variés. En conséquence, il faudra encore déterminer avant le début de la rédaction quelle utilisation vous ferez des possibilités de ce type de point de vue.

3. ) Le point de vue du personnage.

Je ne suis plus sûr de la dénomination exacte de ce troisième type de narration mais bon, là n'est pas l'important. Ce que j'appelle le point de vue du personnage est une sorte de version hybride des deux premiers. La narration se fait à la troisième personne, octroyant ainsi une certaine vue d'ensemble, mais le récit s'attache à un personnage central et la narration ne délivre des informations personnels qu'à son propos. Pour résumer :

=> Emploi constant de la troisième personne.
=> L'action se borne à suivre le "héros".
=> Le lecteur ne connaîtra que les pensées du personnage principal.

Idéal à mon sens pour ces bons gros récits d'Heroic-Fantasy dans lesquels on retrouve souvent un personnage central luttant contre (presque) le reste du monde. Par contre, on ne bénéficie ni de l'intimité générée par la narration à la première personne, ni de la liberté de narration du narrateur omniscient. En contrepartie, on pourra y gagner en fluidité de description en ayant la possibilité de temps à autre de se décentrer quelque peu du héros.
Pour prendre un exemple basique - une scène de combat - la narration à la première personne oblige l'écrivain à une description par les yeux du "héros" alors que ce dernier procédé permettra de s'en éloigner quelque peu pour délivrer des détails d'ensemble. Par exemple, si le personnage se bat dans une auberge et que la garde pénètre dans la pièce, il faudra que le personnage voie les gardes pour que le lecteur en soit averti. Alors qu'avec le point de vue du personnage, le narrateur peut annoncer l'arrivée des gardes tout en précisant que le "héros" ne les a pas encore vus. Ainsi, la tension pourra être élevée grâce à ce danger dont le lecteur est conscient mais pas le personnage.

4. ) Soyons fous, mélangeons les points de vue !

Évidemment, tout ça peut être mélangé si c'est bien fait. Mais il s'agit d'une entreprise hasardeuse qui nécessite un soin particulier. Le procédé le plus simple, et très à la mode en ce moment, est d'insérer des passages épistolaires dans le corps d'un texte. Cela permet par exemple de passer d'une narration omnisciente voire du point de vue du personnage à de brefs passages de narration à la première personne.
A peu près tout est possible, mais il faut être capable de gérer ces assemblages pour qu'ils ne perturbent pas le lecteur ou pire, qu'ils ne l'égarent irrémédiablement...

Enfin, en guise de conclusion, sachez que ce choix est l'un des plus importants de la préparation à l'écriture, certainement plus crucial encore que le choix du temps de narration. En effet, si vous partez à l'aventure sans avoir déterminer cela, et que votre narration se révèle chaotique (un coup on sait ce qu'un tel pense, plus de nouvelles ensuite ; on s'attache à un personnage tout du long du texte puis interviennent subitement des passages avec un autre etc...), cela aura pour effet de déboussoler le lecteur et de décrédibiliser l'ensemble... Be carefull !

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Published by Simon Sanahujas - dans (mes) techniques d'écriture
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commentaires

Sanahu 02/09/2009 16:52

"Point de vue externe" ? C'est possible en effet.
La phase de préparation avant d'aborder l'écriture en elle-même est excessivement importante. J'ai mis longtemps à le comprendre ;-).

Jacqueline Merveille 01/09/2009 22:18

Très intéressant votre article. Je pense que le point de vue c) est le point de vue externe tout simplement.David Lodge, dans son dernier roman "La vie en sourdine", se pose la question "devant" le lecteur, il opte pour le "Je" et en fait il passe de l'un à l'autre sans prévenir le lecteur (je crois...). Je suis moi même noyée dans mon écriture,n'ayant pas pris de notes suffisantes avant d'écrire! Merci pour vos conseils. A bientôt, à votre retour d'Afrique?