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9 juillet 2009 4 09 /07 /juillet /2009 17:32

Au cas où le titre s'avérerait trompeur, je précise que je ne vais pas expliquer ici comment trouver des idées. Je ne pense pas qu'il puisse exister de véritable technique pour faire surgir une idée de roman du néant. En tous cas, je ne fonctionne personnellement pas comme ça. Les idées viennent au hasard de l'inspiration, que celle-ci provienne d'une discussion, d'un lieu visité, d'une lecture etc. Après, je vais être capable de travailler d'une certaine manière pour trouver les liens qui vont permettre de développer l'idée de base et lier les idées entre elles, mais il s'agit juste d'un moment particulier de réflexion.

Ceci dit, en écrivant ces lignes, me revient en tête l'histoire du poisson rouge de Fredric Brown. Dans un livre sur l'art de l'écriture policière ( "Polar mode d'emploi", une succession d'articles rédigés par des écrivains anglo-saxons sur différentes facettes de l'écriture), Brown avait abordé le chapitre des idées de manière assez amusante. Il proposait de choisir un objet/être et d'en faire le coeur de son histoire, aussi étrange puisse-t-il sembler à la base. Dans son exemple, il avait choisi un poisson rouge. Comme il s'agissait de polar, les possibilités en relation avec cet animal se résumait à deux points  : vol ou meurtre. Fredric Brown part donc de son poisson rouge et, en se posant la question du "pourquoi ?" en arrive à tisser une intrigue assez délirante à base de vol ou de meurtre de poisson, je ne me rappelle plus exactement. Au final, si cela s'avère possible avec le polar, cela me semble un peu limité pour un  roman de fantasy ou de science-fiction, mais qui sait ?

Donc, en mettant de côté leur origine, il nous reste les idées. Lorsque j'aborde un roman, je constitue en premier lieu un dossier d'idées. J'aborde ce point même avant de camper mes personnages. Tout bêtement, je note sur une feuille toutes les idées qui me sont venues et qui m'ont poussé à me lancer dans ce texte. Je les note et je les numérote, détail très important en regard de ma façon de fonctionner. Généralement, je commence donc par noter les idées de base, une vingtaine ou une trentaine souvent. Ces idées vont du petit détail mineur au squelette de l'histoire. Par exemple, je note indifféremment une idée de personnage, d'intrigue, une phrase qui m'intéresse, une répartie de dialogue, une ambiance, les particularités géographiques d'un lieu etc.

Ensuite, en relisant toutes ces idées, je commence à réfléchir au moyen de les lier entre elles. Par exemple, si j'ai choisi de mettre en scène un binome de personnages, je vais chercher à comprendre comment ils se sont rencontrés, pourquoi ils ont choisi d'évoluer ensemble, quel rapport existe entre eux etc. Si j'ai noté une idée relative à un conflit armé, je vais cogiter pour comprendre les intérêts de chacune des parties, pourquoi ils se lancent dans cette guerre et ce qu'ils espèrent en retirer. Ainsi, je découvrirai peut-être des éléments en rapport avec les personnalités dirigeantes qui vont amener à des sous-intrigues. Si le déroulement du roman s'articule autour, mettons, de la découverte d'un objet/d'une information/d'un événement, lequel amène à la rencontre de différents personnages/forces/groupes puis à un conflit armé, je vais réfléchir à tout ça et aux scènes qui vont relier ces trois grands événements, apporter les informations nécessaires à la compréhension etc.

En suivant cette démarche, je vais trouver d'autres idées que je noterai à la suite des premières tout en continuant leur numérotation. Et lorsque je commencerai la rédaction du roman, forcément, d'autres idées me viendront que j'ajouterai de la même manière.

Après, il faut voir à utiliser ces idées sans s'y perdre, sans en oublier etc... Pour ça, je fonctionne de manière simpliste. Avant la rédaction d'une scène ou d'un chapitre, je relis l'intégralité de mes idées et je note les numéros de celles qui vont me servir. Dans mon dossier idée, je les entoure. Lorsque la scène est écrite, je recommence la manoeuvre tout en rayant cette fois les idées de la scène précédente si je les ai effectivement utilisées. J'agis ainsi car il m'arrive souvent, en écrivant, de me rendre compte que je ne peux pas caser telle ou telle idée sans perturber la logique narrative. Dans ce cas je la laisse de côté pour l'inclure plus tard.

A titre d'exemple, j'avais noté 65 idées pour "Suleyman", 311 pour "L'emprise des rêves" et j'en suis à plus de 400 pour mon actuel roman. Suleyman étant ma première tentative romanesque, je l'ai abordé n'importe comment. Au niveau des idées, je me suis contenté de noter les principales, ce qui s'est révélé une énorme erreur par la suite. Je me rappelle être retourné en arrière un nombre incalculable de fois parce que j'étais incapable de dire avec certitude si je n'avais pas déjà abordé tel point ou délivré telle information dans une scène précédente. Conséquence de tout cela, j'ai mis un an et demi à écrire ce livre alors qu'actuellement, je vais travailler à peu près six mois sur un texte de cette envergure, sans compter les relectures.

Pour clore ce chapitre, voici une technique que j'ai abandonnée, peut-être fonctionnera-t-elle avec vous ? Il m'est arrivé une fois de séparer les idées en plusieurs sous-dossiers, l'un consacré aux idées relatives aux personnages, un autre à l'intrigue et au déroulement de l'histoire et un troisième pour le reste. Du coup j'avais adopté un système de numérotation à base de lettres et de chiffres, un joyeux bordel. J'ai abandonné ce système car, en écrivant, je n'arrêtais pas de chercher mes idées, de me demander dans quelle partie je les avait classées etc... C'est peut-être intéressant mais, avec moi, ça n'a pas fonctionné...

 

Conclusion : les idées, c'est bien, mais il faut savoir les organiser et les presser pour en tirer tout le potentiel.


Et puis pour illustrer tout ça, un scan du dossier idées tiré de "L'emprise des rêves".

 

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Published by Simon Sanahujas - dans (mes) techniques d'écriture
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