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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 10:55

Petit retour sur l'argent issu de la vente d'un livre. Il y a un ou deux mois, alors que je participais à une formation sur les droits d'auteur, je me suis fait tiré dessus à boulets rouges par une bibliothécaire ex-libraire alors que j'essayais de lui expliquer que "non, désolé, l'éditeur ne touche pas plus de 50% des recettes issues de la vente d'un bouquin". Du coup, il m'a semblé utile de rappeler rapidement comment tout ça fonctionne.

Reprenons tout ça par étape :

1). Lorsque le libraire vend un livre, il prend une commission qui varie de 30 à 40% pour les plus gourmands. Mettons 35% pour l'exemple.

2). Le distributeur (l'organisme qui stock les livres et les achemine chez les libraires qui les ont commandé) touche à peu près 15% sur la transaction.

3). Le diffuseur (la société qui va démarcher les libraires, essayer de les convaincre de prendre tel ou tel bouquin de son catalogue, et transmet ses commandes au distributeur) va prendre également 15%, à peu de chose prêt.

 

Fin de la première étape : l'argent arrive désormais à l'éditeur (avec tout le retard nécessaire, normal). A ce moment, 65% du prix de vente est déjà parti en fumée. Pour autant, il ne faut pas croire que l'éditeur effectue un bénéfice net de 35%, ça serait trop beau. Poursuivons donc :

 

4). L'éditeur paye l'auteur une somme qui avoisine généralement 7% du prix de vente. Nous sommes ici en présence du plus petit pourcentage, ce qui m'a toujours sidéré puisque l'auteur est certainement celui qui fournit le plus de travail dans le processus de création du livre. Si je prends mon exemple, un roman m'occupe entre six mois et un an, plus les relectures ultérieures et le travail avec l'éditeur. Tout ça pour vingt à vingt-cinq heures hebdomadaires, en moyenne. Les écrivains sont-ils fous ? Oui... enfin non, ce sont des passionnés voyons.

 

5).Enfin, l'éditeur, à ce stade, a déjà payé depuis longtemps l'imprimeur. Ici, un pourcentage ne veut pas dire grand chose puisque : a) l'éditeur paye l'intégralité du tirage par avance (et n'en vendra peut-être qu'un tiers, voire même un quart pour les vautrages les plus épiques), b) le coût d'impression dépend de l'importance du tirage (le prix d'impression pour un livre sera beaucoup moins cher s'il est tiré à 100 000 exemplaires que s'il est tiré à 500). Dans la plupart des calculs que j'ai vu, le prix d'impression est estimé à environ 15% du prix de vente.

Résultat des courses, l'éditeur se fait une marge de 13% à peu près sur ses ventes en librairie. C'est un peu moins que 50%, tout de même.

Maintenant, évaluer le secteur le plus fructueux à l'aune de ces pourcentages ne rime pas à grand chose. Cela serait judicieux si tous les livres du tirage étaient vendus. Comme c'est rarement le cas, le seul qui touche l'intégralité sur une impression, c'est l'imprimeur. Conséquence : j'écris pour faire vivre les imprimeurs. Diffuseurs, distributeurs et libraires touchant leur part sur les ventes pures, ils auront intérêt à vendre des best-sellers mais, au final, si le bouquin se vautre, ça n'est pas si grave, ils ne perdent rien dans l'histoire. Quant à l'éditeur, qui a investi l'intégralité du tirage, bonjour les nuits blanches et les ulcères.

Enfin, maintenant que l'on sait tout ça, nous nous retrouvons à disposer d'un pouvoir conséquent, qui est celui de choisir à qui va profiter notre argent. Voici les options :

1). Commander sur Amazon.
C'est génial : on ne sort pas de chez soi et le bouquin arrive le lendemain ou le surlendemain dans la boîte aux lettres. Mais franchement les gars, Amazon n'a pas besoin de vous pour survivre et il existe une technique tout aussi rapide et peu fatiguante dont je vous parlerai dans le troisième point.

2). La fidélité au libraire.
A côté de chez moi, il y a un petit libraire d'imaginaire qui galère comme un fou pour boucler ses fin de mois (Au comptoir des rêves). Dès que je peu, je lui commande des bouquins, même des trucs hors genre d'ailleurs. Il fait de super cafés et prodigue de bons conseils de lecture, donc je fais ce que je peux pour l'aider à survivre. Je ne peux que vous engager à faire de même si vous disposez de ce genre de libraire dans votre ville.

3). Subventionner l'éditeur.
Tous les éditeurs que je connais proposent des commandes en ligne de leurs ouvrages sur leurs sites. Si vous commandez  un bouquin par ce biais, c'est le jackpot pour lui. Imaginez : il contourne ainsi le libraire, le diffuseur et le distributeur, faisant passer sa marge de 13% à 78%. Grossomodo, une vente par correspondance lui rapporte autant que 5 ventes en librairie... Et même, certains éditeurs comme Rivière Blanche augmentent la marge de leurs auteurs si le bouquin est commandé par ce biais (si si, ce sont  vraiment des gens incroyables chez Rivière Blanche... A l'occasion, allez jeter un oeil sur les contrats qu'ils proposent à leurs auteurs, c'est dingue).

Bref, quelle conclusion pour tout ça ? Et bien que je ne suis vraiment pas prêt de gagner ma vie en écrivant des bouquins ! Alors si vous voulez m'aider, voilà ce que je vous propose : contactez-moi et je vous vends directement mes bouquins, frais de port offert et dédicacés si l'envie vous en prends... Mon mail ? Il doit se trouver quelque part dans les menus à gauche de cet article.

Et que vivent les livres !

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Published by Simon Sanahujas - dans Billets d'humeur
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commentaires

elisabeth charier 18/04/2012 19:09

d'accord, c'est ce qu'il se dit un peu partout. merci pour l'info

Sanahu 18/04/2012 16:06

Bonjour,
Amazon fonctionne comme un libraire, mais sa position incontournable sur le marche lui permet d'imposer une marge plus grande. J'ai entendu parler de 45% mais je ne peux le certifier...

elisabeth charier 18/04/2012 14:27

bonjour, étant petit auteur moi-même, je cherche le pourcentage que prélève amazon sur leur vente de livre aux éditeurs.
les bruits de couloirs donnent 50% sur l'achat d'un livre. si tu as des infos plus précises, je suis preneuse. merci
(j'ai partagé cet article intéressant sur fb)

Sanahu 11/09/2009 16:51

Heureux que tu trouves ce blog intéressant... Tu es ici chez toi !
Pour ce qui concerne le démarchage d'un éditeur, c'est de loin la phase la moins complexe : il suffit d'envoyer son manuscrit à la bonne adresse et de respecter quelques règles simples au niveau de la présentation. J'y consacrerai peut-être un article un de ces quatre, ça peut être intéressant.

Lara 08/09/2009 17:38

je suis allée lire les premiers chapitres de vos deux livres (sur Rivières Blanches) qui donnent bien envie, c'est certain de prolonger la lecture, je suis assez fan je dois dire de ces univers fantastiques d'entre deux mondes..je reviendrais lorsque ma bourse sera un peu plus ronde je vous promets.. en ce qui concerne le fonds de votre article "les livres et l'argent" j'imagine maintenant que c'est un vrai chemin de croix pour se faire éditer ! j'écris aussi.. mais ouh la la (pour me distraire ! définitivement pas pour être éditer, et de un je n'ai pas le talent et j'en ai bien conscience et de deux je n'aurais pas la patience d'aller démarcher qui ce soit !) la seule publication si j'ose un jour ce sera sur mon blog ! en tous cas merci de nous avoir expliquer son fonctionnement ! votre blog est super intéressant j'y passe trop de temps je reviendrais ! faut vraiment que j'aille bosser !